Des questions brûlantes pour la fin de la législature

Lausanne: synode charnière pour l’Eglise évangélique réformée vaudoise

Lausanne, 4mai(APIC) Les 6 et 7 mai prochains aura lieu le «Synode de fin

de législature» de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV).

Cette dernière session du législatif de l’Eglise dans sa composition actuelle traitera des questions ordinaires mais sera aussi l’occasion de faire

le point sur l’état de l’Eglise vaudoise. Le Conseil synodal présentera un

bilan en demi-teinte dans lequel il invite à porter sur l’EERV «un regard

dénué de tout triomphalisme» mais aussi «à l’écart de toute morosité». Ce

bilan a été présenté lors d’une conférence de presse, mercredi 4 mai à Lausanne.

Le pasteur Marcel Piguet, membre permanent du Conseil synodal, a souligné d’abord la prise de conscience quant à la situation de l’Eglise réformée

dans le canton. L’équilibre entre les trois principales forces religieuses

– les protestants, les catholiques-romains et la mouvance évangélique s’est modifié. Et de constater: «Le dialogue oecuménique est meilleur.»

«L’EERV ne prononce pas un discours totalitaire, consistant à décréter ce

qu’il faut croire. Pour beaucoup de gens, il est libérateur de voir qu’ils

ne se trouvent pas culpabilisés à cause de ce qu’ils croient ou ne croient

pas», estime Marcel Piguet. Le processus «Eglise en question» cherche justement à recueillir les attentes de ceux qui ne s’expriment pas.

Si le Conseil Synodal perçoit une certaine crise d’identité de l’Eglise

vaudoise, s’il est conscient de la méfiance des jeunes vis-à-vis de l’institution ecclésiastique, il se défend toutefois de ne réagir que face à la

«concurrence religieuse». «L’Eglise a toujours voulu être à l’écoute de son

temps, assure le pasteur Piguet.

Le Conseil synodal a en tout cas discerné une priorité, indiquée par la

situation économique du canton: la nécessité d’une présence de l’Eglise

dans le domaine de l’action sociale. Et de désigner un but: «Promouvoir une

authentique diaconie de notre Eglise et s’ouvrir sur l’extérieur.»

Redéfinir le ministère des diacres

Le diacre Pierre-André Schütz et le pasteur François Périllard ont présenté le résultat de trois ans et demi de réflexion concernant la place des

diacres dans l’Eglise. Lorsque ce ministère a été créé, il y a 25 ans, on

le concevait comme une présence de l’Eglise auprès des milieux que les paroisses atteignent difficilement (jeunes, personnes en institutions, marginaux). Or de fait, le ministère des diacres s’est surtout développé dans

les paroisses. Cette divergence entre l’idée de base et la pratique doit

amener le Synode à redéfinir le champ d’action du ministère diaconal.

Les aumoniers au CHUV se sont émus des situations dramatiques qu’ils cotoyent dans leur ministère. En effet, comme le précise le pasteur AlbertAndré Goy, des femmes enceintes se trouvent aux prises avec d’énormes difficultés. Il s’agit notamment de femmes vulnérables, marginales, qui ne

peuvent etre aidées par les services sociaux habituels. Une commission proposera donc au Synode de créer un Fonds de soutien aux femmes enceintes en

difficulté, fonds qui serait alimenté par des dons et legs, et dont la gestion serait confiée au Centre social protestant (CSP). La Commission souhaite en outre que le Synode prenne position, dans le cadre de l’»Année de

la famille», et apporte l’appui de l’Eglise pour promouvoir en Suisse une

meilleure protection de la maternité. (apic/spp/mp)

5 mai 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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