Le Synode clôt la législature par une interpellation au Conseil d’Etat

Lausanne: Synode de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (090594)

Lausanne, 9mai(APIC) Le Synode de l’Eglise évangélique réformée du canton

de Vaud (EERV), réuni à Lausanne les 6 et 7 mai, a mis un point final à la

législature 1990-1994. L’achèvement de la révision de la Loi ecclésiastique

était notamment à l’ordre du jour. La diaconie, autrement dit l’engagement

social de l’Eglise, aura servi de dénominateur commun aux deux autres principaux objets de ce Synode: la question de la place des diacres dans

l’Eglise et la création d’un Fonds de soutien aux femmes enceintes en difficulté.

Le sort des femmes enceintes d’origine étrangère, vivant souvent en situation illégale dans le canton, a ému le Synode. Les délégués ont, d’un

élan unanime, accepté la création d’un fonds de secours et l’ont doté de

20’000 francs, plus généreusement qu’on ne le leur demandait. Sa gestion

sera confiée au Centre social protestant (CSP). Mais la misère et la précarité d’existence de ces femmes dépassent les compétences de l’Eglise. Aussi

le Synode a-t-il résolu d’interpeller le Conseil d’Etat afin qu’il prenne

les mesures de protection nécessaires. Pareille démarche sera faite auprès

du Conseil fédéral, via la Fédération des Eglises protestantes de Suisse

(FEPS).

La place des diacres

Depuis 25 ans, le ministère diaconal est inscrit dans l’Eglise réformée

vaudoise à côté de celui des pasteurs et des laïcs. Mal définie, l’identité

du ministère diaconal demandait clarification. Le Synode devait se prononcer sur le rapport de la Commission qui y réfléchit depuis quatre ans. Une

soixantaine de diacres sont aujourd’hui au service de l’EERV. Dans certaines paroisses, ils sont considérés comme des pasteurs de seconde zone; ailleurs, au contraire, ils sont complémentaires et parfaitement interchangeables dans un rôle pastoral. En d’autres lieux encore, ils sont engagés

uniquement en fonction de leurs compétences professionnelles. «La diaconie

n’est pas un métier transmis, ni une profession acquise», a noté un délégué. Les diacres reçoivent une formation, mais leur avenir professionnel

dans l’Eglise n’est pas garanti, soulignait un autre membre du Synode.

Les délégués ont cependant refusé d’adopter une motion proposant un moratoire dans la consécration des diacres «puisqu’on ne sait pas pourquoi on

les consacre». Cette voie qui aurait été en «enterrement de première classe» des diacres et un refus «d’encourager les personnes qui ont envie de se

mettre au service de l’Eglise».

Le champ d’action du ministère diaconal est défini comme la diaconie de

l’Eglise. L’engagement social de l’Eglise est à développer en direction des

milieux plus ou moins coupés de l’Eglise (monde du travail, chômage, mais

aussi vie associative (entraide, bénévolat), ou monde des loisirs et de la

culture, etc.) et défavorisés (marginaux, quart monde, réfugiés, personnes

placées en institution, etc.). A charge pour le Conseil synodal d’élaborer

un projet précis et global de la diaconie dans l’EERV. Le Conseil synodal

transmettra et assurera en outre le suivi de la réflexion en une concertation au niveau romand. En fin de session, le Synode a pris congé de son

président, M. Paul Schneider (Sainte-Croix), arrivé en fin de mandat.

(apic/spp/mp)

Encadré:

Révision de la Loi ecclésiastique

Grand chantier de la législature qui se termine, la révision de la Loi ecclésiastique vaudoise aura nécessité plusieurs sessions de débats, depuis

octobre 1993. Dans l’esprit du législateur, un toilettage de la loi (pas

retouchée depuis 1977) s’imposait pour l’adapter à la vie de l’Eglise d’aujourd’hui. L’Etat devra à son tour se prononcer sur le texte révisé. Sur le

plan de l’organisation, la modification la plus importante a trait à une

réforme de la structure des arrondissements auxquels on attribue un organe

exécutif: le Conseil d’arrondissement.

En ce qui concerne la vie de l’Eglise, elle ne se limite plus aux paroisses, a estimé le législatif de l’EERV, en accordant un poids nouveau

aux aumôneries (milieux hospitaliers, universitaires, EMS, prisons, etc.).

Le principe d’une limitation des mandats pour les pasteurs et les diacres est également acquis: 12 ans pour les ministres cantonaux et régionaux, 15 ans pour les ministres paroissiaux. Au cours des cérémonies de

consécration, diacres et pasteurs s’engageront sur un texte commun, mais la

spécificité de leur ministère apparaîtra dans la prière de consécration. Le

nouveau cursus de formation des ministres est également intégré à la loi.

La consécration n’a plus lieu après le stage, mais au cours de l’auxiliariat. Enfin, le principe d’une évaluation régulière de l’activité des pasteurs et diacres est adopté; restent à mettre en place les modalités d’évaluation. (SPP/mms)

9 mai 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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