L’Eglise protestante a mal à ses ministres

Lausanne: Synode de l’Eglise réformée vaudoise

Lausanne, 10 mai 1998 (APIC) Le Synode de fin de législature (1994-1998) de l’Eglise réformée vaudoise (EERV), réuni les 8 et 9 mai à Crêt-Bérad, a donné lieu à de vifs débats sur la notion du ministère au sein de l’Eglise protestante. Si certains insistent sur le ministère de tout baptisé, d’autres rappellent que le ministère n’est pas qu’une fonction, une somme de compétences ou une occupation a plein temps; il est porteur d’un sens, d’une Parole qui le dépasse.

Le Rapport intermédiaire concernant la théologie des ministères et de la consécration. commence par rappeler que tout croyant est appelé à prendre part à la mission de l’Eglise. Selon le Conseil synodal, l’impasse du débat actuel sur les ministères vient «de ce que ne sont consacrés que des pasteurs ou des diacres, les plaçant dans une confrontation-dualité insoluble.» Et d’en conclure que «seule la reconnaissance d’un seul ministère accessible par différentes formations et ouvert sur la diversité des fonctions» permettra de sortir du blocage.

Cet aspect du rapport a provoqué de vives réactions de la part de nombreux délégués au Synode. Les professeurs Pierre Gisel et Daniel Marguerat de la Faculté de théologie de Lausanne, ont relevé qu’effectivement, «l’Eglise a mal a ses ministres». La définition des ministères de diacre date du début des années 70. Or elle doit maintenant être revue à la lumière de l’évolution des tâches pastorales. La reconnaissance d’un seul ministère apparaît, aux yeux des théologiens, comme provocatrice d’une saine réflexion, «mais c’est un peu court!».

Faudrait-il changer de vocabulaire, s’interroge le Conseil synodal, et ne plus parler de laïcs et de ministres, mais simplement de baptisés? «Le ministère n’est pas une sorte de super-laïcat», répliquent les professeurs. Il faut bien marquer que l’Eglise vient d’ailleurs et non d’elle-même. Le ministère pastoral au sens des Réformateurs est articulé autour de la Parole et des sacrements, ce qui est une manière de donner forme à cette altérité. La distinction entre diverses formes de ministères doit donc être conservée, insistent les théologiens.

«Le ministère n’est pas qu’une fonction, une somme de compétences ou une occupation a plein temps; il est porteur d’un sens, d’une Parole qui le dépasse», a rappelé le professeur D. Marguerat. Lorsque le pasteur parle, sa parole prend ainsi une importance plus grande. Quant au diacre, il est le signe de la présence inconditionnelle de Dieu auprès des hommes. «J’ai peur que l’on perde cette double signification en définissant un seul ministère, a précisé D. Marguerat.» Le Synode n’ayant pas de décision a prendre pour le moment. Le débat se poursuivra lors du dépôt du rapport final. (apic/spp/mp)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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