3’700 personnes dans les couloirs de la mort

Lausanne: Trois associations humanitaires unis contre la peine de mort aux Etats-Unis.

Lausanne, 18 mai 2000 (APIC). Amnesty International, l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) et Lifespark, association suisse contre la peine de mort, ont entamé dès lundi un cycle de conférences en Suisse sur la peine capitale aux Etats-Unis. En demandant à l’opinion publique de faire pression sur le gouvernement américain. Parmi les cinq intervenants – tous Américains – figure Sunny Jacobs, rescapée du couloir de la mort de Floride, injustement déclarée coupable d’un crime qu’elle n’avait jamais commis.

Les participants aux conférences peuvent signer une pétition nationale demandant la totale abolition de la peine de mort, accompagnée d’une lettre de protestation au président Bill Clinton ainsi qu’aux 38 gouverneurs qui l’admettent encore. Les associations humanitaires ont programmé un cycle de conférences qui touche sept villes de la Suisse: Genève, Lausanne, Fribourg, Berne, Bâle, Zurich et Winterthour. Pour provoquer un débat au sein de l’opinion publique. La Conférence prévue à Fribourg aura lieu vendredi soir à l’Université.

Sur les 51 Etats américains, 29 sont non-abolitionnistes, 13 abolitionnistes et 9 avec proposition de moratoire. 56% des condamnés à mort sont de race blanche, 35% noirs, 7% hispaniques et le 2% indiens et asiatiques. Ces chiffres sont destinés à augmenter.

Aux Etats-Unis, sur les 38 Etats pratiquant la peine de mort, c’est le Texas qui a le plus grand nombre de mises à mort, soit 206 pour la période s’étendant de l’année 1976 au mois d’avril 2000: Ce qui représente le 33,6% du total. Ce sont surtout les Etats du sud qui pratiquent le plus la peine de mort.

La population carcérale au Etats-Unis se monte à plus de deux millions de personnes. Bien que les normes internationales interdisent les mauvais traitements et la torture, le grand nombre de prisonniers favorise une pression dans les pénitenciers qui a contribué à multiplier les brutalités policières. L’emploi fréquent de produits chimiques ou l’utilisation d’armes envoyant des décharges électriques tend à devenir la norme sur tout le territoire américain. Sans compter que le prix d’une exécution s’avère terriblement coûteuse. Pour exemple, en Californie, l’exécution capitale coûte six fois plus cher qu’un procès pour meurtre sans condamnation à la peine capitale. Au Texas une seule condamnation à mort s’élève à 2,3 millions de dollars.

Les conférenciers, tous américains sont des personnalités reconnues en matière de lutte contre la peine capitale aux Etats-Unis et dans le monde. Outre «Sunny» Jacobs (Californie), il s’agit de Gary Taylor (Texas) avocat et défenseur de plusieurs condamnés à mort, Dennis Longmire (Texas) professeur de criminologie qui et Rick Halperin (Texas) leader du mouvement américain dans la lutte contre la peine de mort. (apic/bbm/ba)

18 mai 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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