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L'avocat général demande la relaxe du cardinal Barbarin

A l’issue de la  deuxième journée du procès Barbarin, le 29 novembre 2019, la Cour d’appel de Lyon a annoncé qu’elle rendrait sa décision le 30 janvier 2020. Comme lors des procès précédents, l’avocat général a demandé la relaxe de l’archevêque de Lyon.

Au terme de son réquisitoire très technique l’avocat général Joël Sollier ne nie pas le drame vécu par les victimes de Bernard Preynat, mais il a préconisé la relaxe du cardinal.»Le système juridique ne peut être soumis à de telles torsions pour servir une cause, aussi juste soit-elle»,a-t-il rappelé, rapporte le journal La Croix.

Une chimère juridique

Devant la cour d’appel, il s’est agi non seulement de débattre de la culpabilité du cardinal Barbarin mais aussi de décider d’une réponse judiciaire qui fera jurisprudence. Une condamnation créerait aux yeux de l’avocat général «une chimère juridique», qui reviendrait à rendre «quasi imprescriptibles» des affaires similaires à l’avenir.

La question de délais de prescription est particulièrement délicate. L’avocat général a rappelé que le délit de non-dénonciation de crimes était prescrit au terme de trois ans écoulés depuis la connaissance des faits. Mais les révélations faites au cardinal Philippe Barbarin par Alexandre Hezez durant l’été 2014 portaient sur les agressions sexuelles commises par Preynat, elles-mêmes frappées de prescription. Comment «le cardinal pouvait-il avoir conscience qu’il entravait l’action de la justice lorsqu’en juillet 2014, il omettait de dénoncer des faits survenus trente ans plus tôt?», interroge Joël Sollier.

Sévère à l’égard du jugement de première instance, il a estimé que «la justice ne peut faire du symbolique son principe d’action, ni son but ultime».

Les victimes n’ont pas reçu l’aide attendue

La journée avait débuté par les dernières plaidoiries des parties civiles qui ont exprimé la douleur des victimes de n’avoir pas reçu l’aide qu’elles attendaient de l’Eglise. «On s’adresse au cardinal Barbarin parce que c’est la référence, il n’y en a pas d’autre», a souligné Me Yves Sauvayre. Me Elsa Loazzo, quant à elle, est revenue sur la profonde blessure que constituent les abus sexuels, ce qui explique aussi la difficulté pour les victimes de se défendre elles-mêmes et de porter plainte.

Accuser un homme ce n’est pas défendre une cause

Les victimes se sont battues pour faire avancer les choses, a reconnu Me Jean-Félix Luciani, avocat de Mgr Barbarin. «Mais est-ce que la douleur crée le droit? Est-ce qu’elle permet de condamner un homme qui serait l’incarnation de l’institution?» «Accuser un homme, ce n’est pas défendre une cause, c’est accuser un homme. Et cet homme est innocent.» a conclu l’avocat. (cath.ch/cx/mp)

Mgr Philippe Barbarin, archevêque de Lyon | © Jacques Berset
29 novembre 2019 | 15:18
par Maurice Page
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