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Le bouddhisme bientôt reconnu en Belgique?

Le bouddhisme pourrait devenir le huitième courant philosophique et religieux actuellement reconnu et subventionné en Belgique. Une telle avancée permettrait en particulier l’introduction de cours de bouddhisme dans les écoles.

La reconnaissance du bouddhisme pourrait se justifier par le fait que tous les critères sont aujourd’hui remplis, rapporte fin octobre 2020 Cathobel, l’agence d’information de l’Eglise catholique en Belgique. «L’Union bouddhique belge» (UBB), qui est la seule organisation représentative de cette communauté, rassemble la très grande majorité des associations bouddhiques actives en Belgique (29 membres). Elle peut revendiquer une présence ancienne sur le territoire belge, qui remonte à la fin des années 1960, époque de la création des premiers centres de pratique. L’association faîtière met également en avant l’utilité sociale qui découle de sa contribution «à l’émergence d’une société harmonieuse et pacifique, où les principes bouddhiques de tolérance, de générosité, d’éthique, de patience, de diligence, de concentration méditative, de compassion et de sagesse contribuent à soulager la souffrance de tous les êtres sensibles».

Le nombre d’adhérents, qui atteint les 150’000, pèse également en faveur de la reconnaissance. En 2008, selon une étude, le bouddhisme était en Belgique une source d’inspiration pour 5% de la population et le nombre de «pratiquants» y était évalué à 0,7%. Tout en sachant que cette enquête ne prenait pas en compte les ressortissants de pays en partie ou majoritairement bouddhistes.

Des «assistants moraux» pour les hôpitaux et prisons

Fruit d’un processus entamé en 2006, lorsque l’UBB a introduit la demande de reconnaissance, le gouvernement belge actuel a clairement indiqué sa volonté de reconnaître le bouddhisme «comme une organisation qui fournit une assistance morale dans une perspective philosophique non confessionnelle». En effet, bien que le bouddhisme soit souvent défini comme une des cinq grandes religions du monde, il ne peut pas être considéré comme un «culte», puisqu’il ne connaît pas de Dieu ou d’Etre Suprême. Il viendrait ainsi allonger la liste des sept courants philosophiques et religieux (culte catholique romain, culte israélite, culte orthodoxe, culte anglican, culte protestant-évangélique, culte islamique et conception philosophique non confessionnelle) actuellement reconnus et subventionnés en Belgique. Cette future reconnaissance ouvre aussi la question de cours de bouddhisme dans l’enseignement belge. Des conseillers bouddhistes et des «assistants moraux» pourraient aussi être mis en place dans les hôpitaux ou les prisons.

Pour les temples et lieux de méditation, cela faciliterait notamment les démarches administratives lorsqu’ils veulent faire venir des personnes étrangères. Aujourd’hui, les centres bouddhistes ne peuvent compter que sur la générosité de leurs membres et l’engagement des bénévoles. Une reconnaissance officielle leur apporterait un soutien financier appréciable. (cath.ch/cathobel/rz)

Le bouddhisme pourrait faire valoir sa contribution «à l’émergence d’une société harmonieuse et pacifique» (photo: Pixabay)
26 octobre 2020 | 16:23
par Raphaël Zbinden
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