Chine : Pékin prépare une nouvelle ordination épiscopale illicite
Le bras de fer avec Rome continue
Rome, 19 juillet 2011 (Apic) L’excommunication prononcée par le Vatican contre les deux évêques chinois récemment ordonnés illicitement ne semble pas pouvoir freiner la volonté des autorités chinoises de désigner elles-mêmes leurs évêques. Une nouvelle ordination sans mandat pontifical est en effet prévue pour le diocèse de Harbin, dans la province du Heilongjiang, au nord-est de la Chine, indique l’agence d’informations des Missions étrangères de Paris Eglises d’Asie (EDA).
Malgré les sanctions romaines, les autorités chinoises ont fait savoir que les ordinations épiscopales se poursuivraient en Chine comme prévu. Selon les dernières informations disponibles, Pékin prépare une nouvelle ordination illicite, après celles de Chengde en novembre 2010, de Leshan le 29 juin 2011 et de Shantou le 14 juillet.
L’évêque désigné par les autorités chinoises est le Père Joseph Yue Fusheng. Agé de 47 ans, il est administrateur du diocèse depuis plusieurs années. Il est suffisamment proche du pouvoir pour avoir été désigné comme l’un des vice-présidents de l’Association patriotique des catholiques chinois en décembre dernier à Pékin. Rome lui a déjà fait savoir que sa candidature à l’épiscopat n’était pas approuvée par le pape.
Pour procéder à l’ordination de Harbin, Pékin cherchera très certainement à enrôler l’évêque «officiel», et reconnu par Rome, de Shenyang, Mgr Paul Pei Junmin. Agé de 43 ans, cet évêque est le métropolitain des trois provinces du Nord-Est, dont celle du Heilongjiang. Il a été lui aussi élu en décembre dernier comme une des vice-présidents de l’Association patriotique. Mgr Junmin devra faire preuve d’une forte détermination pour ne pas être contraint de prendre part à l’ordination à Harbin. Il sera sans doute aidé en cela par ses prêtres qui s’étaient déjà mobilisés avec succès pour faire bloc autour de sa personne afin d’empêcher qu’il se rende à Shantou le 14 juillet.
Le Saint-Siège a réaffirmé le 16 juillet le droit des catholiques chinois «de pouvoir agir librement, en suivant leur propre conscience et en demeurant fidèles au successeur de Pierre et en communion avec l’Eglise universelle». Et rappelé que si le pape souhaite que «les difficultés actuelles puissent être surmontées au plus vite, il déplore une fois encore la façon dont est traitée l’Eglise en Chine». (apic/eda/mp)



