Le Caire: Appel aux Eglises chrétiennes pour dialoguer sur la primauté de l’évêque de Rome
«Nous écouter au delà des polémiques stériles»
De notre envoyée spéciale au Caire, Caroline Boüan
Le Caire, 27 février 2000 (APIC) Jean Paul II lance depuis le Caire un nouvel appel à l’ensemble des Eglises chrétiennes pour qu’elles l’aident à réfléchir sur la manière dont l’évêque de Rome doit exercer son ministère de primauté, afin qu’il soit «un service d’amour» reconnu par tous.
Le pape a présidé vendredi après-midi une «liturgie de la Parole» dans la cathédrale copte-catholique du Caire, en présence de 1’500 représentants des différentes Eglises chrétiennes présentes en Egypte, et en particulier du patriarche de l’Eglise copte orthodoxe Chenouda III, et d’une délégation de l’Eglise grecque-orthodoxe autocéphale d’Alexandrie et de toute l’Afrique, qui compte environ 350’000 fidèles.
Abordant la question de l’unité des chrétiens, après des chants coptes et arabes, et la lecture de l’Evangile où l’on voit le Christ prier quelques heures avant sa mort pour «que tous soient un», Jean Paul II a insisté sur le fait que cette préoccupation «entre dans les charges de ce qui relève de la primauté de l’évêque de Rome».
«Je souhaite inviter à nouveau tous les responsables ecclésiaux et leurs théologiens à instaurer avec moi sur ce sujet un dialogue fraternel et patient, dans lequel nous pourrions nous écouter au-delà des polémiques stériles, a-t-il déclaré, n’ayant à l’esprit que la volonté du Christ pour son Eglise». «En ce qui concerne le ministère de l’évêque de Rome, je demande à l’Esprit-Saint de nous donner sa lumière et d’éclairer tous les pasteurs et théologiens de nos Eglises, afin que nous puissions chercher ensemble les formes selon lesquelles ce ministère pourra réaliser un service d’amour reconnu par les uns et par les autres».
«Il n’y a pas de temps à perdre»
«Chers frères, il n’y a pas de temps à perdre à ce sujet !» s’est alors exclamé Jean Paul II, en rappelant qu’il avait déjà lancé cette invitation en 1995 dans son encyclique «Ut Unum Sint» sur l’unité des chrétiens.
Soulignant par ailleurs l’importance d’un «témoignage commun» entre les Eglises chrétiennes, dans les domaines où elles ne connaissent pas de dissensions, Jean Paul II a souligné que celui-ci nécessite une «condition primordiale». «Nous devons éviter tout ce qui peut conduire, une fois encore, à la méfiance et à la discorde», a-t-il expliqué. «Nous sommes d’accord pour éviter toute forme de prosélytisme ou des méthodes et des attitudes contraires aux exigences de l’amour chrétien». «Et je rappelle, a insisté le pape, que la véritable charité, enracinée dans la fidélité totale à l’unique Seigneur Jésus-Christ et dans le respect mutuel pour chacune des traditions ecclésiales et des pratiques sacramentelles, est un élément essentiel de la recherche de la parfaite communion».
«Nous ne nous connaissons pas suffisamment les uns les autres», a encore fait remarquer Jean Paul II. «Trouvons donc des chemins de rencontre ! Cherchons des formes viables de communion spirituelle, tels que la prière et le jeûne en commun, ou des échanges mutuels et des accueils entre monastères !».
Avant que la liturgie ne se poursuive par la récitation en arabe de la prière du «Notre Père», Jean-Paul II a rappelé la cérémonie œcuménique d’ouverture de la Porte Sainte de la basilique romaine de Saint-Paul-hors-les-murs, qu’il a présidée le 18 janvier dernier. «Pour
moi, ce moment de joie était un présage et un avant-goût de la pleine communion que nous sommes en train de nous efforcer de réaliser entre les disciples du Christ», a-t-il conclu. «Que l’Esprit de Dieu nous accorde bientôt l’unité visible et complète à laquelle nous aspirons !». (apic/imed/cb/ba)




