Rome: Benoît XVI en Grande-Bretagne

Le cardinal anglais Newman converti au catholicisme bientôt béatifié

Rome, 14 septembre 2010 (Apic) La figure du cardinal anglais John Henry Newman (1801-1890), anglican converti au catholicisme au milieu du 19e siècle, est au cœur du voyage que Benoît XVI effectuera en Grande-Bretagne du 16 au 19 septembre 2010. Au dernier jour de ce déplacement, le pape théologien présidera la messe de béatification de cet intellectuel britannique. Dans L’Osservatore Romano du 14 septembre, l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, récemment converti au catholicisme, a signé un Editorial rendant hommage à la fois à Benoît XVI et à son concitoyen le cardinal Newman.

Né à Londres le 21 février 1801, John Henry Newman est l’aîné de 6 enfants. A l’age de 15 ans, il s’approche du protestantisme évangélique. Après avoir été étudiant à l’université d’Oxford, il est ordonné diacre de l’Eglise anglicane le 13 juin 1824 et prononce ses premiers sermons dans la paroisse Saint-Clément d’Oxford. Il est ordonné prêtre un an plus tard. En 1826, il entame une lecture systématique des Pères de l’Eglise. Puis, en 1828, il devient curé de la paroisse Saint-Mary-the-Virgin, l’église universitaire d’Oxford.

En 1833, Newman publie le premier des Tracts for the Times, qui propagea les idées du ›Mouvement d’Oxford’, qui tenta de rapprocher l’Eglise d’Angleterre de ses racines catholiques romaines, dénonçant les dérives de l’Eglise anglicane. En 1841, le Tract 90, dont le but est d’affirmer que l’identité ecclésiologique de l’Eglise d’Angleterre était davantage catholique que protestante, est censuré par l’Université d’Oxford. Ce traité consomme la disgrâce de Newman auprès de l’université et des évêques anglicans. Ainsi, à la demande de l’évêque d’Oxford, la publication des traités est suspendue. Entre-temps, en 1839, Newman lit un article du cardinal Nicholas Wiseman (1802-1865) dans la revue Dublin Review sur saint Augustin (354-430) et les hérétiques Donatistes (c’est l’évêque d’Hippone qui conduisit ave c succès la lutte contre le donatisme) et émet des doutes concernant l’anglicanisme. En 1843, il résilie sa charge de curé de paroisse. Deux ans plus tard, le Tract 90 échappe à la condamnation.

Accueilli par l’Eglise catholique

Le 9 octobre 1945, John Henry Newman est reçu dans l’Eglise catholique par le père Domenico Barberi, un Passionniste italien. Puis, le 1er novembre, le cardinal Wiseman lui donne le sacrement de la confirmation à Oscott.

Connu pour son œuvre sur l’évolution des dogmes, John Henry Newman exercera une grande influence intellectuelle au sein de l’Eglise catholique anglaise, notamment par son Essai sur le développement de la doctrine chrétienne, écrit l’année de sa conversion.

En 1846, Newman quitte l’Angleterre pour Rome, entre dans la Congrégation de l’Oratoire de saint Philippe Neri où il sera ordonné prêtre catholique le 30 mai 1847. Une année plus tard, il fonde le premier Oratoire anglais, près de Birmingham.

De 1851 à 1858, il est recteur de l’Université catholique de Dublin (Irlande). Après sa conversion, mis au ban de la société anglicane et protestante de son pays, il écrit, en 1864, son Apologia pro vita sua pour répondre à une attaque du curé britannique protestant Charles Kingsley (1819-1875) contre son intégrité personnelle. L’ouvrage, considéré comme l’une des plus grandes biographies intellectuelles de tous les temps, connut un succès spectaculaire qui réhabilita largement son auteur dans l’opinion publique anglaise. La pensée de Newman dans sa Grammaire de l’assentiment, publiée en 1870, a inspiré Benoît XVI.

En mai 1879, John Henry Newman est créé cardinal par Léon XIII (1878-1903) et meurt le 11 août 1890 à Edgbaston, près de Birmingham.

Son procès en canonisation a été ouvert en 1958. Déclaré ›vénérable’ par Jean-Paul II (1978-2005) en 1991, il sera béatifié par Benoît XVI le 19 septembre 2010 à Birmingham.

Benoît XVI et Newman

Le pape, qui a souhaité faire une exception à la règle qu’il avait lui-même fixée en choisissant de célébrer la messe de béatification du cardinal britannique, montre ainsi son attachement personnel à l’égard de cet intellectuel. La devise du cardinal Newman – cor ad cor loquitur (le cœur parle au cœur) – est également celle du voyage de Benoît XVI en Grande-Bretagne.

Le 1er février 2010, à l’occasion de la visite Ad Limina des évêques d’Angleterre et du Pays de Galles, Benoît XVI avait soutenu que l’Eglise actuelle avait besoin de «grands écrivains et de communicants» de la «stature et de l’intégrité» de cet anglican converti au catholicisme. Le pape avait alors exhorté les prélats anglais à encourager leurs prêtres à suivre «l’exemple» du cardinal Newman.

Le 12 septembre dernier, à quelques jours de son déplacement, Benoît XVI a indiqué que la «personnalité» et «l’enseignement» de John Henry Newman pouvaient «être une source d’inspiration pour notre époque et pour l’œcuménisme».

Il y a près de 20 ans déjà, en 1991, le cardinal Joseph Ratzinger avait publié Conscience et vérité, un essai dans lequel il restituait la pensée de Newman. (apic/imedia/lb/ami/pr)

15 septembre 2010 | 08:44
par webmaster@kath.ch
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