Le cardinal Pell, ici en mars 2018, au tribunal de Melbourne | © Keystone
International
Le cardinal Pell, ici en mars 2018, au tribunal de Melbourne | © Keystone

Le cardinal australien George Pell condamné à six ans de prison

13.03.2019 par Jacques Berset, cath.ch

Le Tribunal de Comté de Victoria, à Melbourne, a condamné mercredi 13 mars 2019 le cardinal australien George Pell à six ans de prison. L’ancien préfet du Secrétariat pour l’Economie du Saint-Siège est déclaré coupable d’abus sexuels sur des mineurs âgés de 12 et 13 ans.

Au moment des faits, à la fin des années 1990, Mgr George Pell était archevêque de Melbourne.

L’ancien “numéro trois” du Vatican, âgé de 77 ans,  saura début juin s’il a droit à un procès en appel. Il devra passer au minimum trois ans et huit mois derrière les barreaux, période après laquelle il pourra réclamer la liberté sous caution. Le juge Peter Kidd a qualifié les crimes reprochés d'”odieux”, l’ancien archevêque de Melbourne ayant profité de sa position d’autorité sur les jeunes victimes.

Pas le procès de l’Eglise catholique

Passant en revue les crimes en détail, le magistrat a souligné que les actes du cardinal Pell ont eu des répercussions “profondes” et “durables” pour les victimes. Il a évoqué “l’impact profond” sur la vie du garçon qui a survécu à ces abus, qui ont probablement eu, à ses yeux, un impact similaire sur le garçon qui est mort plus tard d’une overdose d’héroïne.

Le juge Peter Kidd dit avoir tenu compte de l’âge et de la santé du prélat pour fixer la sentence. “Faire face à la prison à votre âge, dans ces circonstances, doit être une situation terrible pour vous”, a déclaré le président du tribunal Peter Kidd à l’énoncé du verdict, tout en reconnaissant qu’il avait “par ailleurs mené une vie irréprochable”.

Un cardinal “très en vue”

Le juge Peter Kidd a tenu à indiquer que ce n’était pas le procès de l’Eglise catholique et que ce n’était pas cette dernière qui était condamnée. “J’impose une sentence au cardinal Pell pour ce qu’il a fait”, a-t-il insisté, en soulignant que le prélat ne devait pas être un “bouc émissaire”.

“La vie en prison sera plus pénible pour vous que pour d’autres détenus de la population commune et même pour d’autres délinquants sexuels en raison de votre notoriété et de l’animosité à laquelle vous risquez d’être exposé”, a reconnu le juge Peter Kidd. Le cardinal Pell est classé comme un prisonnier “très en vue” et il a déjà obtenu un statut de personne protégée, étant donné les risques pour sa sécurité en prison. C’est la raison pour laquelle le cardinal de 77 ans devrait commencer sa peine en isolement, selon la presse australienne du 13 mars.

Le cardinal Pell clame toujours son innocence

L’ancien archevêque de Melbourne clame toujours son innocence. Il a fait appel de sa condamnation, après avoir été reconnu coupable le 11 décembre 2018 d’agressions sexuelles sur deux mineurs. Mais ce verdict n’avait pu être annoncé que fin février pour des raisons juridiques.

Après la lecture de la sentence, le prélat a été reconduit dans la prison de Melbourne où il est détenu en isolement, comme il est prévu pour les personnes reconnues coupables d’abus sexuels. Le cardinal Pell continue à se déclarer innocent et son avocat fera appel. Le condamné saura début juin s’il aura droit à un procès en appel.

Mesures conservatoires déjà prises

Pour garantir le cours de la justice, le pape François avait confirmé les mesures conservatoires déjà prises vis-à-vis du cardinal Pell lors de son retour en Australie, c’est-à-dire, durant tout le temps de la procédure, l’interdiction de l’exercice public du ministère et de tout contact avec des mineurs, rappelle le site Vatican News.

Le 27 février dernier, le directeur par intérim de la Salle de Presse du Saint-Siège, Alessandro Gisotti, avait confirmé que le cardinal George Pell n’était plus le préfet du Secrétariat pour l’Economie du Saint-Siège. Son mandat théorique de cinq ans était arrivé à échéance le 24 février. Depuis son retour en Australie durant l’été 2017, le cardinal Pell était en congé et n’exerçait plus réellement cette fonction, bien qu’il soit resté, nominalement, à la tête de ce dicastère.

Theodore McCarrick, renvoyé de l’état clérical

Alessandro Gisotti avait par ailleurs précisé qu’après la procédure civile, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi allait maintenant s’occuper de ce cas selon les modes et les temps établis par les normes canoniques.

Si la Congrégation aboutit également à la culpabilité du cardinal australien, elle pourrait aller jusqu’à le renvoyer de l’état clérical. Une telle décision a notamment été prise à l’encontre de l’ancien cardinal américain Theodore McCarrick, accusé pour sa part d’abus répétés sur des mineurs et des séminaristes. Dans son cas, s’ajoutait également le crime de sollicitation. (cath.ch/vaticannews/australianpress/be)  


Ines Calstas. | © Christine Mo Costabella

Inès Calstas: "N’ayons pas peur de mourir pour revivre"

Mgr Stanislaw Gadecki a présenté le rapport sur la pédophilie (Photo:YouTube)

Pédophilie: les médias polonais fustigent le rapport de l'Eglise

Actualités ›