Belgique: Abus sexuels, l’Eglise ne poursuivra pas l’évêque de Bruges en raison de la prescription
Le cardinal Danneels obtient un droit de réponse suite à l’article de «De Standaard»
Bruxelles, 1er septembre 2010 (Apic) Mgr Roger Vangheluwe, ancien évêque de Bruges, ne sera pas jugé par l’Eglise catholique dans le cadre d’un procès canonique pour des faits de pédophilie, en raison de la prescription des faits, a indiqué mercredi 1er septembre le quotidien belge «Le Soir». 24 ans ont passé depuis que le neveu du prélat, victime d’abus sexuels quand il était mineur, a atteint la majorité.
Ce drame familial s’est déroulé entre 1973 et 1986. Il y a effectivement prescription, même si en juillet dernier, le Vatican a doublé (de dix à vingt ans) la durée de la période au cours de laquelle un prêtre accusé de ce type de crime pouvait être jugé.
De son côté, Me Fernand Keuleneer, avocat du cardinal Godfried Danneels, ancien primat de Belgique, estime que le quotidien flamand «De Standaard», a durablement entaché la réputation du cardinal par la publication samedi 28 août de certains passages de la conversation qu’a eue Mgr Danneels avec la famille Vangheluwe le 8 avril dernier, «lors d’une tentative de réconciliation improvisée et ratée». «De Standaard» a accusé l’ancien primat de Belgique d’avoir tenté d’étouffer cette grave afffaire.
Un véritable «assassinat moral» de l’ancien primat de Belgique
Cette publication d’extraits d’une conversation confidentielle, assortie de «commentaires tendancieux», a durablement entaché la réputation du cardinal, commettant un «assassinat moral» à son égard, affirme Me Keuleneer. Mercredi, le «Standaard» a publié la déclaration de Me Keuleneer sous forme de droit de réponse.
Pour sa part, Toon Osaer, porte-parole ad intérim du cardinal, a précisé qu’il n’avait jamais été dans son intention d’étouffer par cette conversation les abus commis par l’ancien évêque Vangheluwe. «Le cardinal a accédé à une demande de la famille d’être un médiateur à l’intérieur du cercle familial suite à ces abus. Dans ce contexte confidentiel d’une réunion de famille, différentes pistes en vue d’une réconciliation ont été examinées.
«Aucune pression n’a été exercée»
«A aucun moment, une pression n’a été exercée, ni sur la famille ni sur la victime, pour garder les faits secrets ou pour ne pas s’adresser à la Justice ou à la Commission Adriaenssens (la commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale)», ajoute-t-il. Le cardinal Danneels répète qu’il condamne les abus commis par l’ancien évêque et qu’il les regrette profondément. Il dit aussi sa déception qu’une conversation confidentielle ait pu être enregistrée et publiée maintenant à l’insu des parties présentes.
Le fait qu’il n’ait pas rendu publics les propos de cette rencontre lors d’une précédente conférence de presse tient à ce qu’il ne souhaitait pas briser le caractère confidentiel de la rencontre, relève Toon Osaer. «C’était aussi par respect pour la victime qui ne s’était pas encore fait connaître publiquement et qui n’avait pas encore révélé ce qu’elle avait vécu».
Me Keuleneer relève aussi que «presque tout le monde s’accorde pour dire que du point de vue juridique, rien n’est à reprocher au cardinal». Et l’avocat du cardinal Danneels de poursuivre: «De notre part, nous estimons en outre que le cardinal a agi correctement du point de vue moral». Le journal flamand, en publiant une sélection d’extraits des enregistrements de la tentative de réconciliation avec la famille Vangheluwe, affirme que le cardinal Danneels aurait tenté de convaincre la victime de se contenter d’un «pardon», ou du moins de ne pas révéler l’affaire jusqu’à la retraite de Roger Vangheluwe un an plus tard.
«Cela n’a rien à voir avec un complot ou un étouffement. Le cardinal Danneels a écouté et réfléchi, sans résultat. Deux semaines plus tard, Mgr Vangheluwe a démissionné. Le cardinal Danneels était lui aussi venu à la conclusion que c’était la seule manière adéquate de procéder», poursuit son avocat. L’évêque de Bruges, 73 ans, avait démissionné le 23 avril dernier après avoir reconnu avoir «abusé sexuellement d’un jeune de son entourage proche» – en fait son neveu – lorsqu’il était prêtre mais aussi évêque durant plus de 10 ans. Le cardinal Danneels avait rejeté le 24 avril, lors d’une conférence de presse, des accusations selon lesquelles il était depuis longtemps au courant de ces abus. (apic/cathobe/belga/soir/be)



