Le cardinal DiNardo interpelle Trump sur les droits des migrants

Le cardinal DiNardo, président de la Conférence épiscopale des Etats-Unis, dénonce l’attitude de Donald Trump vis-à-vis des migrants. L’archevêque de Galveston-Houston condamne cette politique, car elle a créé «un climat de peur dans les paroisses et est en train de causer une inacceptable souffrance pour des milliers d’enfants à la frontière, parce que les autorités douanières séparent les familles».

Le cardinal texan qualifie d’»insoutenable» cette méthode qui se veut dissuasive envers les migrants. Le président de la Conférence épiscopale a par conséquent adressé une lettre au président des Etats-Unis, l’invitant à reconsidérer les actions mises en œuvre par l’administration américaine vis-à-vis des migrants.

Séparation des familles

L’examen des demandes d’asile doit désormais se faire selon des procédures beaucoup plus strictes et même brutales. Certaines mesures, notamment la séparation des familles, ont provoqué un sentiment de panique dans les communautés immigrées, note le site Vatican News.

Tijuana Le mur qui ferme la frontière avec les Etats-Unis | © Jacques Berset Jacques Berset

Selon la nouvelle loi, les migrants qui arrivent sur le territoire des Etats-Unis ne pourront présenter de demande d’asile que s’ils présentent une demande pour un refuge sûr dans un pays tiers, qui ne serait accessible qu’en passant par les Etats-Unis.

Concrètement, l’objectif de l’administration Trump est de dissuader les migrants de venir et de sous-traiter ce phénomène dans d’autres pays, comme le Guatemala, avec lequel un accord devait être signé prochainement, mais la procédure a été gelée par la Cour constitutionnelle locale en raison d’un risque de perte de souveraineté.

Tijuana Avec les ‘déportés’ mexicains au ‘Desayunador Salesiano Padre Chava’ | © Jacques Berset

Un «climat de peur»

«Il est contraire aux valeurs américaines et chrétiennes de chercher à empêcher les personnes d’émigrer ici quand elles fuient pour sauver leurs vies et pour trouver une sécurité pour leurs familles», écrit le cardinal DiNardo. Les Etats-Unis perdent ainsi leur rôle de «garant du droit d’asile» au sein de la communauté internationale.

Le président de la Conférence épiscopale américaine appelle donc à une réforme humaine du système de l’immigration qui devrait s’articuler autour des notions de compassion et de dignité. Elle devrait se pencher sur les causes profondes de cette crise humanitaire dans les pays de départ. (cath.ch/vaticannews/be)

Saltillo Le train surnommé 'La Bestia' sur le mur de la Casa del Migrante | © Jacques Berset
17 juillet 2019 | 16:36
par Jacques Berset
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