Rome: Lancement de la réforme des études de philosophie dans les facultés ecclésiastiques
Le cardinal Grocholewski déplore une baisse de l’enseignement de la philosophie
Rome, 22 mars 2011 (Apic) La Congrégation romaine pour l’éducation catholique a décidé de réformer les études ecclésiastiques de philosophie à travers le monde. Cette réforme, contenue dans un Décret publié par le Vatican le 22 mars 2011, concerne la durée des études de philosophie dans les facultés ecclésiastiques, le programme de ces études et la qualification des professeurs.
Lors d’une conférence de presse, au Vatican, le préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique a expliqué que cette réforme, sur laquelle son dicastère et des experts planchaient depuis 2004, entendait particulièrement répondre à «la faiblesse de la formation philosophique dans de nombreuses institutions ecclésiastiques».
Le cardinal Zenon Grocholewski a aussi souhaité que cette réforme réaffirme «l’importance de la philosophie dans sa composante métaphysique» ainsi que son caractère indispensable pour la formation théologique. Les institutions académiques ecclésiastiques de théologie et de philosophie sont invitées à se conformer à ce Décret pour le début de l’année académique 2012-2013.
Une réforme en 3 points
La réforme, qui touche la Constitution apostolique «Sapientia christiana» du pape Jean Paul II de mai 1979 et ses normes d’application, établit en premier lieu l’allongement de 2 à 3 ans du premier cycle de philosophie dans les facultés ecclésiastiques (une cinquantaine dans le monde), cycle visant à l’obtention du baccalauréat en philosophie.
Cette réforme concerne aussi le contenu des études du premier cycle d’une faculté ecclésiastique de philosophie, ainsi que le cursus studiorum de philosophie qui fait partie intégrante du premier cycle d’une faculté de théologie ou d’un séminaire, ou encore au sein de la formation universitaire.
Devant la presse, au Vatican, le cardinal Grocholewski a ainsi regretté que la philosophie, dans de nombreux séminaires ou institutions, soit «un concept trop élargi à toutes les sciences humaines et où manque le noyau de la philosophie, qui consiste à rechercher la vérité». Il a également confié qu’il constatait «une diminution du sérieux de l’enseignement de la philosophie» dans de nombreuses facultés de théologie.
Le Décret récemment approuvé par Benoît XVI et daté du 28 janvier dernier, met ainsi en garde contre le «mélange excessif de matières philosophiques et théologiques» dans les facultés et les séminaires. Il met également en avant le «risque accru de fidéisme» et la «fragmentation de la philosophie».
Enfin, la réforme porte sur la qualification du corps enseignant, ainsi que sur le nombre des professeurs dans les différentes institutions. Elle demande alors que les enseignants possèdent des grades académiques obtenus auprès des institutions ecclésiastiques et soient dotés «d’une préparation scientifique appropriée leur permettant de présenter, mis à jour, le fécond patrimoine de la tradition chrétienne».
Le dominicain fribourgeois C. Morerod souligne l’importance de la métaphysique
Présentant lui aussi cette réforme à la presse, le secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique, Mgr Jean-Louis Bruguès, a souhaité un corps enseignant stable et «correctement qualifié» dans les différentes institutions. Le Père dominicain fribourgeois Charles Morerod, recteur de l’Université pontificale Saint-Thomas d’Aquin, a aussi participé à la conférence de presse de présentation du Décret. Il a pour sa part développé l’importance de la métaphysique dans l’étude de la théologie, l’un des points souligné dans cette réforme.
Les études de droit canonique avaient quant à elles été partiellement réformées en 2002. En 2008, une autre réforme avait concerné les instituts supérieurs de sciences religieuses, institutions en charge de la formation théologique des laïcs et des religieux. (apic/imedia/ami/be)



