Rio + 20 : Déclaration du président de la COMECE sur le développement durable
Le cardinal Marx appelle à distinguer l’essentiel du superflu
Bruxelles, 21 juin 2012 (Apic) A l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable ’Rio +20’, le cardinal Reinhard Marx, président de la ’Commission des Episcopats de l’Union européenne’ (COMECE) estime que la croissance économique ne peut plus représenter le seul et unique objectif du développement humain. Dans un message publié le 20 juin 2012, le cardinal appelle à la modération qui permet ’de mieux distinguer l’essentiel du superflu’.
Dans un monde où des millions de personnes n’ont pas un accès à une nourriture suffisante, à l’eau potable, l’énergie, les services de santé et d’éducation et qui est de plus menacé par le changement climatique engendré par le réchauffement global, des mesures concrètes sont plus urgentes et nécessaires que jamais, relève l’archevêque de Munich-Freising. «Au lieu de nous laisser guider par le matérialisme et nos intérêts individuels, nous sommes appelés à nous montrer généreux et solidaires. Nous devons travailler à une nouvelle culture du respect pour la création, de la solidarité et de la justice, afin d’atteindre un développement humain véritable et authentique».
Sur le thème de la durabilité, le cardinal Marx insiste sur la notion de développement intégral de la personne humaine. Il s’agit de «parvenir à un équilibre entres les besoins sociaux, économiques et environnementaux sans pour autant compromettre la vie des générations futures».
Concrètement, le concept d’ ’économie verte’ demande à être défini de façon plus précise. Il ne devrait pas seulement inclure les changements en matière de production mais aussi en terme de consommation. Pour Mgr Marx, «notre modèle actuel de consommation met beaucoup trop l’accent sur la consommation de biens matériels, tendant à ignorer les autres dimensions de la dignité humaine et du développement durable. La modération en matière de consommation est donc nécessaire pour libérer la notion de richesse de ses aspects uniquement matériels. La modération ne fait pas renoncer au désir de biens matériels mais nous permet de mieux distinguer l’essentiel du superflu.»
Non à l’agriculture intensive
Au chapitre de la lutte contre la pauvreté Reinhard Marx met au premier plan l’alimentation. «Il est primordial de développer un secteur agricole durable ainsi que des régimes fonciers justes et efficaces. Ceci implique la nécessité de modifier et d’adapter le modèle européen d’agriculture intensive qui dépend largement de l’importation d’alimentation pour le bétail des pays émergents et de l’exportation de nos productions agricoles vers ces mêmes pays.» Le cardinal dénonce aussi la compétition croissante entre ’récoltes alimentaires’ et ’récoltes de bio-carburants’. C’est pourquoi ’l’économie verte et durable’ devrait se consacrer intensivement au développement de productions énergétiques propres et intelligentes et qui n’ont pas d’impact sur la production alimentaire.
Développement humain et croissance économique
La croissance économique ne peut plus représenter le seul et unique objectif du développement humain, estime l’archevêque : «nous devons nous engager sur un agenda dans lequel le développement humain intégral deviendrait le facteur clé. Etant données nos ressources limitées, ni la compétitivité économique, ni la justice sociale ne pourront être obtenus à long terme sans l’intégration du facteur écologique. Pour le président de la COMECE, il appartient aux chrétiens «d’être critiques vis-à-vis du mode de vie prédominant, qui est exclusivement centré sur la consommation, et particulièrement sur une consommation disproportionnée de l’énergie.»
La coopération à tous les niveaux de décision doit permettre d’atteindre un système de gouvernance mondiale solide et capable d’assurer une cohérence des politiques engagées. Le cardinal appelle de ses vœux la transformation du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) en Agence spécialisée de l’Environnement. Elle deviendrait ainsi une sorte d’’Organisation mondiale de l’Environnement’ que les évêques de la COMECE avaient déjà proposée en 2001. (apic/com/mp)




