Le cardinal Parolin à l'événement organisé à l'ambassade d'Italie près le Saint-Siège, le 2 juillet 2024 | © Vatican Media
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Le cardinal Parolin évoque la «crise» de la démocratie dans le monde

Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a évoqué le 2 juillet 2024 la «crise» de la démocratie dans le monde. En marge d’un événement à l’ambassade d’Italie près le Saint-Siège, le cardinal a assuré que la médiation du Saint-Siège dans la libération de prisonniers ukrainiens est «un mécanisme qui fonctionne».

Le prélat italien s’est félicité de la récente libération des 10 civils ukrainiens – dont deux prêtres gréco-catholiques – qui avaient été faits prisonniers par Moscou et pour lesquels le Saint-Siège a servi de médiateur. Il a expliqué à la presse que les canaux d’action étaient différents de la médiation initiée il y a un an – avec divers voyages du cardinal italien Matteo Zuppi – pour le retour d’enfants ukrainiens déportés en Russie. Cette fois, a expliqué le chef de la diplomatie vaticane, il s’agit «d’un échange de listes [de prisonniers] qui sont remises aux deux parties».

Scepticisme sur un «cessez-le-feu» en Ukraine

Le ‘numéro 2’ du Vatican a exprimé son espoir que cette activité «très positive» se poursuive, et qu’elle contribue à «créer des conditions qui pourraient aussi favoriser la paix et d’éventuelles négociations». Il a en revanche exprimé son scepticisme quant à la proposition du président hongrois Viktor Orban – qui vient de prendre le 1er juillet, pour six mois, la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne – pour un cessez-le-feu immédiat en Ukraine. Le chef d’État a en effet appelé les parties à négocier. Une perspective à laquelle les Ukrainiens se sont toujours opposés, sans «garanties» suffisantes de la part de Moscou.

Gaza n’est pas une guerre juste

Le cardinal Parolin a aussi appuyé le récent document de la Commission Justice et Paix de Terre Sainte reprochant à Israël d’utiliser le concept de guerre juste «comme une arme». «On ne peut parler de guerre juste que dans le cas d’une guerre de défense.» Dans un communiqué publié quelques heures plus tôt, l’ambassade d’Israël près le Saint-Siège accusait «certains chrétiens» de s’opposer «au droit d’Israël de se défendre contre ses ennemis».

De retour d’un voyage au Liban du 23 au 27 juin, le secrétaire d’État a plaidé une nouvelle fois pour l’élection d’un président de la République, afin d’en «finir avec cette crise institutionnelle qui nuit à tout le pays». Même si l’élection d’un président ne sera pas «la solution magique» à l’instabilité, il a vivement souhaité «un candidat qui soit accepté de tous les partis».

«La démocratie est en crise»

Le cardinal a commenté également l’imminent déplacement du pape François à Trieste, ville de la pointe nord-est de l’Italie, le 7 juillet, pour clôturer la 50e Semaine sociale des catholiques, sur le thème de la démocratie. Il a salué ce grand événement des évêques de la Péninsule qui sera inauguré par le président de la République italienne Sergio Mattarella, alors que «la démocratie est en crise dans de nombreuses parties du monde».

Le secrétaire d’État a souligné la nécessité de «remplir de valeur» la démocratie. Celle-ci n’est pas «un simple exercice mathématique» mais doit «s’inspirer de grandes valeurs qui rendent possible la cohabitation sociale». Il a estimé que la contribution des catholiques était «très valide» en la matière.

Interrogé sur la situation politique française, alors que l’extrême-droite est arrivée en tête du premier tour des élections législatives le 30 juin dernier, le cardinal n’a pas souhaité faire de commentaire. (cath.ch/imedia/ak/rz)

Le cardinal Parolin à l'événement organisé à l'ambassade d'Italie près le Saint-Siège, le 2 juillet 2024 | © Vatican Media
3 juillet 2024 | 11:02
par I.MEDIA
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