Rome: Le patriarche maronite remet au pape un rapport sur la situation des chrétiens au Moyen-Orient

Le cardinal Raï dénonce le risque du fondamentalisme musulman

Rome, 23 mai 2013 (Apic) Le patriarche d’Antioche des maronites a profité d’un bref séjour au Vatican pour remettre au pape François dans la matinée du 22 mai 2013 un rapport détaillé sur la situation au Moyen-Orient, en particulier celle des communautés chrétiennes. «Le pape est inquiet et cherche toujours des moyens pour agir. Il a besoin de connaître la vérité objective des choses», a expliqué à I Média le cardinal Béchara Boutros Raï.

Au terme de la messe concélébrée à la Maison Sainte-Marthe, le patriarche a remis au pontife son rapport détaillé sur la situation des communautés chrétiennes au Moyen-Orient. Le cardinal Raï estime avoir le devoir d’informer le pontife sur la situation, car il «a besoin de connaître la vérité objective des choses». «Le pape François ne cesse de s’intéresser à ce problème», a assuré le prélat libanais, confiant avoir sollicité son intervention pour la paix en Syrie et au Moyen-Orient.

Il y a un grand risque à fournir des armes aux rebelles syriens

Interrogé sur la crise syrienne et sur la situation au Moyen-Orient, le cardinal Raï a affirmé que si l’on persistait «à fournir les différents groupes fondamentalistes musulmans en argent et en armes», on courait «le grand risque que les musulmans qui sont dans leur grande majorité modérés passent du côté fondamentaliste».

Dans ce cadre, a estimé le patriarche maronite, «les chrétiens du Moyen-Orient ont le grand rôle de garantir la modération musulmane». Etant donné que les chrétiens «s’affaiblissent à cause de la situation de guerre, de la situation économique, et émigrent, (…) on est en train d’obliger les musulmans modérés à passer du côté fondamentaliste». Et le cardinal d’avertir : «On est en train de jouer avec le feu et on risque de se brûler».

Concernant le problème des migrations massives de Syriens vers les pays frontaliers, dont le Liban, le cardinal Raï a assuré que son pays ne fermerait jamais ses frontières car il faut être humanitaire. «Nous ne fermerons jamais les portes, même si nous avons au Liban 1,5 million de Palestiniens et 1,2 million de Syriens», a renchéri le patriarche, car «nous avons souffert et nous comprenons ce que c’est». (apic/imedia/mp)

23 mai 2013 | 15:18
par webmaster@kath.ch
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