Le cardinal regrette que la réciprocité ne soit pas appliquée dans les pays musulmans
France: «Crise des minarets» en Suisse: le résultat de l’ignorance, estime le cardinal Tauran
Paris, 8 décembre 2009 (Apic) Le cardinal Jean-Louis Tauran regrette que le principe de réciprocité entre musulmans et chrétiens – un thème qui lui tient particulièrement à cœur – ne progresse pas dans les pays gouvernés par l’islam.
Dans une interview publiée le 8 décembre dans le quotidien catholique français La Croix, quelques jours après son voyage en Indonésie, le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux affirme en outre que la récente «crise des minarets» en Suisse est le résultat de l’ignorance, «mère de toutes les dérives».
«Malheureusement (…), nous ne voyons rien venir». C’est le constat amer du cardinal Tauran, interrogé sur d’éventuels progrès concrets en matière de réciprocité au Moyen-Orient, et ce «en dépit de la visite historique du roi Abdallah d’Arabie Saoudite au Vatican». Le 7 novembre 2007, le roi, gardien des deux «saintes mosquées» de La Mecque et Médine, avait été reçu en audience pour la première fois par Benoît XVI et les autorités vaticanes.
«Pourtant, explique le chef de dicastère, il existe des instruments juridiques pour résoudre ces problèmes, sans livrer des combats ou faire des coups d’éclat», pour peu que chaque partie fasse preuve «de bonne volonté». Et de citer particulièrement le recours au droit international.
«Il n’y aura de solution qu’à travers le dialogue et le droit, en tenant évidemment compte des particularités historiques locales», prévient le cardinal Tauran. En particulier, selon le prélat, «le remède à toutes ces difficultés réside dans l’éducation, toujours plus d’éducation».
Réagissant au choix des Suisses d’inscrire dans leur Constitution l’interdiction de construire des minarets, contesté aussi bien par les responsables musulmans qu’au sein de l’Eglise catholique, le cardinal français y voit le résultat de «l’ignorance», qui est «la mère de toutes les dérives, (…) à la base de toutes les difficultés».
Dans les colonnes de La Croix, le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux recommande donc de «plus se connaître, s’apprivoiser, voir ce qu’on peut faire ensemble», car «on ne se rencontre jamais assez».
Il est d’autre part primordial, dit le prélat, de réaffirmer la liberté de religion, «dans son sens le plus large, qui suppose comme minimum nécessaire que chacun puisse disposer de lieux de culte adéquats, cela en Europe comme au Moyen-Orient».
Dans son interview, le chef de dicastère en appelle aussi au «sens commun», qui doit «dicter le respect d’autrui». «Comme l’ont fait remarquer des personnalités musulmanes, précise le prélat à La Croix, le minaret n’est pas essentiel à une mosquée». Et de conclure : » le muezzin doit obéir à la loi locale, tout comme les cloches de l’église y obéissent ! «. (apic/imedia/cp/pr)




