Sénégal : Nouveaux propos désobligeants du président Wade contre l’Eglise
Le cardinal Sarr s’en réfère au Vatican
Dakar, 30 décembre 2009 (Apic) Un nouveau dérapage verbal du président sénégalais Abdoulaye Wade à l’encontre de l’Eglise fait des vagues dans le pays. Lors d’une rencontre, lundi 28 décembre avec plus de quatre mille enseignants venus soutenir sa candidature à l’élection présidentielle de 2012, il a tenu des propos désobligeants sur l’Eglise pour répondre aux détracteurs de son projet de construction de monument de la renaissance africaine sur une colline située au nord-ouest de Dakar.
«Tous les jours, vous passez devant les églises où on prie, et jamais vous n’avez demandé qu’on les casse, or dans les églises, ont prie un homme, Jésus Christ qui n’est pas Dieu. (…). Quand je passe devant les églises, je ne m’intéresse pas à ce qui se passe à l’intérieur. Ce n’est pas mon problème. Parce que je suis musulman. C’est ça la tolérance», a-il notamment déclaré, à l’endroit de certains imams de Dakar qui, faisant cause commune avec l’opposition, dénoncent le monument.
Les catholiques se sont déclarés «indignés» par ces propos qu’ils ont condamnés «sans réserve». Ils surviennent quelques semaines après que le président Wade, selon la presse, aurait traité les chrétiens «d’ingrats».
Selon la presse sénégalaise, le clergé catholique a saisi le Vatican, à travers la nonciature à Dakar. Le cardinal Théodore Adrien Sarr, archevêque de Dakar, a réuni mardi 29 décembre les organisations ecclésiales. La quasi-totalité des évêques, ainsi que les associations et mouvements catholiques de Dakar ont assisté à la rencontre. Elle sera suivie d’une série d’autres réunions à travers le pays, afin de permettre aux églises des régions de se prononcer. Après «ces vastes échanges», tous les évêques du Sénégal se réuniront pour adopter une position commune qui sera la riposte de l’Eglise du Sénégal aux propos du président Wade. En marge de cette réunion, les cadres catholiques ont «condamné avec vigueur» les propos du président Wade. Le cardinal Sarr fera une déclaration officielle mercredi 30 décembre en recevant les vœux des fidèles catholiques.
Le président est devenu «un danger public»
Les partis politiques de l’opposition ont unanimement dénoncé la déclaration du président Wade. Certains d’entre eux ont souligné des propos «inédits» d’un président du pays depuis son indépendance. D’autres ont fait remarquer que le président Abdoulaye Wade a dépassé «la limite du raisonnable». Pour d’autres dirigeants politiques de l’opposition encore, «Wade (le président) est devenu un danger public».
Abdoulaye Faye, ministre conseiller et proche collaborateur du président Wade, a fustigé «la récupération politicienne» des propos du président Abdoulaye Wade. Il a rappelé que le Sénégal s’est «ancré de manière définitive, dans la tolérance religieuse, ethnique et raciale». «L’opposition interprète à sa façon la déclaration du président Wade qui, pourtant, appel sans cesse musulmans et chrétiens, au rassemblement», a-t-il ajouté. (apic/ibc/bb)



