Les catholiques jurassiens, dans la foulée de la création du nouveau canton, se sont donnés en 1979 une Constitution ecclésiastique cantonale. Le système fonctionne maintenant depuis plus de quinze ans à la satisfaction de l’ensemble de la population, assure Joseph Boillat, administrateur de la Collectivité ecclésiastique cantonale.

Le cas jurassien

Joseph Boillat n’a pas constaté de grosse poussée des «sorties d’Eglise» ces dernières années. On compte une cinquantaine de cas par an pour 55’000 catholiques. Les raisons fiscales ne sont pas les premièères invoquées. Viennent d’abord l’adhésion à une autre religion ou à une secte et les désaccords avec la morale ou les prises de position de l’Eglise.

L’autonomie des paroisses jurassiennes est plus limitée que celle accordée par le Statut aux paroisses fribourgeoises. La Collectivité ecclésiastique cantonale exerce la haute surveillance sur les paroisses, salarie l’ensemble du personnel lié à l’Eglise, y compris les gouvernantes de cure, et encaisse l’impôt sur les personnes morales. Les rapports entre les paroisses et la collectivité cantonale sont généralement bons. «Il faut dire que tout le monde se connaît et que comme administrateur je prends mon bâton de pèlerin pour aller régulièrement discuter dans les paroisses», commente Joseph Boillat. De fait la Commission juridictionnelle n’a plus siégé depuis une bonne dizaine d’années.

L’autonomie face à l’autorité diocésaine est solidement garantie par la Constitution ecclésiastique. Les nominations ne peuvent se faire qu’avec l’accor de la Collectivité ecclésiastique. Il s’agit donc de négocier avec l’autorité diocésaine, précise Joseph Boillat, mais les rapports sont bons.

L’Assemblée ecclésiastique jurassienne compte 60 membres, 55 élus au suffrage universel et 5 désignés par l’évêque. «Je déplore en effet qu’il y ait parmi les délégués trop peu de membres ou de présidents de Conseils paroissiaux. Il a fallu quelquefois faire comprendre de manière ferme les implications financières liées à telle ou telle décision.»

Le droit de vote et d’éligibilité des étrangers dans l’Eglise catholique jurassienne n’a jamais été remis en cause en aucune manière. Des étrangers siègent aussi bien dans les conseils de paroisses qu’à l’Assemblée cantonale. Aucune controverse non plus sur le droit de vote à 16 ans et d’éligibilité à 18 ans. Quant au droit de référendum, il n’a jamais été exercé. (apic/mp)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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