Berne: Amnesty appelle à manifester contre l’exécution de Sakineh
Le châtiment serait imminent
Berne/Lausanne, 3 novembre 2010 (Apic) Sakineh Mohammadi Ashtiani, une femme de 43 ans détenue à la prison de Tabriz en Iran, a été condamnée à mort par lapidation en 2006 pour adultère et complicité dans le meurtre de son mari. Suite à une vaste mobilisation internationale, ce châtiment a été provisoirement suspendu. Amnesty International craint actuellement que cette exécution ne soit imminente.
«Il est extrêmement difficile d’obtenir des informations fiables, vu que Sakineh Mohammadi Ashtiani n’a plus l’autorisation de recevoir des visites depuis le mois d’août et que son avocat est en prison. Mais nous craignons toujours qu’elle soit exécutée, même si ce n’est pas par lapidation mais par pendaison», a déclaré Manon Schick, porte-parole d’Amnesty International dans un communiqué diffusé le 3 novembre et annonçant la tenue d’une manifestation contre cette exécution, à Berne, en début de soirée.
«Notre action d’aujourd’hui à Berne s’inscrit dans un mouvement mondial de protestation. Nous voulons mettre la pression sur les autorités iraniennes pour que l’exécution de Sakineh Mohammadi Ashtiani soit suspendue et que sa condamnation à mort soit définitivement commuée. Cette femme doit être libérée si elle est uniquement détenue sur la base d’une accusation d’«adultère», car il semble qu’elle ait purgé ou presque fini de purger une peine de cinq ans d’emprisonnement pour son implication présumée dans le meurtre de son mari.»
Le téléphone de Kouchner
D’autre part, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a affirmé, dans un communiqué publié le 3 novembre, que le verdict final dans cette affaire n’avait pas été prononcé par la justice iranienne et que les informations concernant l’éventuelle exécution de Sakineh «ne correspondaient pas à la réalité». La déclaration du ministre français se réfère à un entretien téléphonique qu’il a eu ce même jour avec le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki. Bernard Kouchner ajoute avoir appelé «instamment les autorités iraniennes à renoncer de manière définitive à l’exécution de Sakineh et à la gracier».
Aucune visite depuis août
Sakineh Mohammadi Ashtiani n’a droit à aucune visite depuis le mois d’août, ni de ses enfants, ni de son avocat. L’un de ses avocats a dû fuir l’Iran cet été en raison de la répression dont il était victime de la part des autorités. Le 2 novembre dernier, les autorités iraniennes ont confirmé que son deuxième avocat était détenu en prison. Deux journalistes allemands sont également détenus en Iran après avoir voulu prendre contact avec la famille de la prisonnière.
D’autres cas similaires
La peine de lapidation est infligée en Iran pour le «crime» d’adultère. En 2002, la plus haute autorité judiciaire iranienne a décrété un moratoire sur la lapidation. En janvier 2009, un porte-parole des autorités judiciaires a confirmé que des exécutions par lapidation continuent à avoir lieu. Il a également affirmé que ce moratoire n’était pas contraignant et que les juges avaient donc la possibilité de l’ignorer. Amnesty International a connaissance d’au moins neuf femmes et quatre hommes qui sont actuellement menacés d’une exécution par lapidation en Iran. (apic/com/nd)



