Tunisie: Vif débat dans le pays autour de la nomination d’un nouveau mufti

Le cheikh Hamda Saied est considéré comme favorable à la polygamie

Tunis, 14 juillet 2013 (Apic) La nomination, début juillet, en Tunisie, d’un nouveau mufti, la plus haute religieuse sunnite, en Tunisie, favorable à la polygamie dans le pays, suscite un vif débat dans le pays. Selon le site d’information spécialisé sur l’Afrique du Nord et basé aux Etats-Unis, www.magharabia.com, le 6 juillet 2013, soit quelques jours avant le début du mois ramadan, le président par intérim, Moncef Marzouki, a nommé le cheikh Hamda Saied, 73 ans, nouveau mufti de la République. Ce dernier a pris ses fonctions le 8 juillet 2013.

La polygamie est interdite en Tunisie, depuis 1956. Le Code du statut des personnes qui réglemente la vie sociale dans le pays prévoit une peine de prison de cinq ans au minimum pour tout homme qui épouserait plusieurs femmes.

Ne pas revenir sur les acquis

Bochra Belhaj Hamida, avocate et ancienne présidente de l’Association des femmes démocrates, s’est dite surprise par la nomination du cheikh Saied, car, a-t-elle souligné, il est favorable à la polygamie. « Les femmes de Tunisie ne resteront pas les bras croisés si le nouveau mufti ose s’en prendre à leurs acquis », a-t-elle averti.

Pour Khadija Bennour, une infirmière âgée d’une trentaine d’années, « ni le mufti, ni personne d’autre ne peut revenir sur les acquis des femmes ».

De son côté, le président du parti Al-Majd (opposition), Abdelwaheb El-Hani a estimé que la nomination du nouveau mufti de la République, « adepte de la polygamie, est le cadeau de Ramadan du président Marzouki aux Tunisiens ». ibc

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Inquiétudes en Tunisie

La nomination du nouveau mufti Hamda Saied intervient à un moment où de nombreux tunisiens s’inquiètent des messages délivrés par les leaders religieux dans les mosquées.

Il y a une semaine, le ministre des Affaires religieuses du pays, Noureddine Khadmi déclarait que son département était opposé au contrôle des mosquées, qui reprend selon lui, les anciennes pratiques de surveillance politique. Au contraire, le ministère « s’efforce de contrôler » la situation, dans un certain nombre de mosquées. Pour ce faire, il a demandé aux imams de « s’en tenir aux sermons religieux qui unifient plutôt qu’ils ne divisent les tunisiens ».

Kadmi a également souhaité « que le discours religieux dans les mosquées unisse tous les tunisiens et contribue à approfondir leur foi en Dieu ». « La plupart des mosquées » de Tunis, la capitale, « s’éloignent de la politique », a témoigné Hedi Azzari, chercheur en croyances et développement humain, cité par magharabia, ajoutant que « les populations doivent comprendre que quand un imam parle de la société, c’est une parole de vérité ». (apic/magharabia/ibc/cw)

14 juillet 2013 | 17:22
par webmaster@kath.ch
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