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Le christianisme a souvent légitimé l’oppression des peuples autochtones

Salvador, Brésil, le 28 novembre (ENIçStephen Brown) – L’imposition du

christianisme a souvent légitimé la marginalisation et l’oppression des

peuples autochtones, et supprimé leurs spiritualités. C’est ce qúont

déclaré les représentants de 24 peuples autochtones lors d’un colloque sur

«la spiritualité autochtone» tenu du 21 au 23 novembre avant la Conférence

sur la mission et l’évangélisation (CME).

Mais, en dépit de «ces expériences douloureuses et de l’héritage de

l’Eglise comme force destructrice», fait remarquer la déclaration publiée à

l’issue de ce colloque, les participants voient «l’Evangile aussi comme

Bonne Nouvelle, comme une source importante d’inspiration dans la

revendication de notre dignité dans nos propres cultures».

Cette déclaration a été présentée le 27 novembre à la Conférence sur la

mission et l’évangélisation (CME) – organisée par le Conseil oecuménique

des Eglises (COE), à Salvador de Bahia, au Brésil, du 24 novembre au 3

décembre.

«En tant que peuples autochtones, afro-latinos et afro-carai»bes, réunis

ici, nous déclarons qúau milieu de différentes spiritualités, théologies,

langues, cultures, traditions et expériences, nous sommes solidaires dans

nos luttes pour recouvrer notre dignité, notre autodétermination et notre

terre.»

Les participants à ce colloque ont adressé huit demandes au COE, à ses

Eglises membres, aux organismes oecuméniques et à d’autres Eglises, et leur

demandent entre autres d’éliminer «toute expression du christianisme qui

pratique l’agression contre nos spiritualités» et de «promouvoir la

participation réelle des peuples autochtones, afro-latinos et

afro-carai»bes, dans toutes les structures des Eglises et à chaque niveau

du processus de la prise de décisions.»

James Massey, porte-parole du colloque, a précisé au journaliste d’ENI qúil

y avait «environ 40 personnes» présentes à cette réunion. Même s’il y a eu

des rencontres antérieures de représentants de peuples autochtones, c’est

la première fois qúun tel événement se tient avant une grande Conférence

mondiale d’Eglises, a fait remarquer James Massey, secrétaire général de

The Indian Society for Promoting Christian Knowledge (Société indienne pour

la promotion de la connaissance chrétienne) et secrétaire honoraire du

Programme de solidarité avec les Dalits.

Cette rencontre a été organisée, a-t-il ajouté, afin que les autochtones

puissent manifester leur présence à la conférence. «Nous, peuples

autochtones, voulons interpeller les Eglises et leur rappeler que nous

sommes aussi ici.»

L’évangélisation et la mission n’ont jamais tenu compte des «spiritualités

autochtones et de notre relation avec Dieu le créateur», a déploré James

Massey.

«Lorsque l’Evangile est arrivé en Europe, il s’est inspiré de la culture

locale. Noe»l et Pâques faisaient partie de cette culture locale», a encore

dit James Massey au journaliste d’ENI. «L’Evangile n’a pas sa forme propre.

Il doit être incarné dans notre culture. Il n’est pas contradictoire. Nous

demandons simplement le droit de faire qúelles °les Eglises occidentales§

pratiquent déjà.» (480 mots)

28 novembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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