Espagne: La nomination d’un évêque au Pays Basque continue de soulever la polémique
Le clergé basque opposé à un évêque qu’il juge trop conservateur et pro-Madrid
San Sebastian, 13 janvier 2010 (Apic) La majorité du clergé basque affirme vivre «avec douleur et inquiétude» l’installation du nouvel évêque de San Sebastian Mgr José Ignacio Munilla, ancien évêque de Palencia où il avait été ordonné évêque le 10 septembre 2006. Les prêtres basques craignent que l’on veuille ainsi faire «changer de route» à l’Eglise de cette région autonome de l’Espagne.
Mgr Munilla, qui passe pour un conservateur, est réticent face au nationalisme basque. Les prêtres signataires d’une lettre de protestation déclarent, «en fidélité à l’esprit du Concile Vatican II», apporter leur appui et adhésion à la ligne pastorale et au «style ecclésial» en place jusqu’à maintenant dans le diocèse. Ils craignent que le nouvel évêque veuille procéder à un réalignement.
La contestation face à l’installation, le 9 janvier dernier, de Mgr José Ignacio Munilla à la tête du diocèse de San Sebastian, où il a remplacé Mgr Juan Maria Uriarte, atteint par la limite d’âge, ne s’est en effet pas calmée. San Sebastian (en basque Donostia), est la capitale de la province du Guipuzcoa, l’un des bastions du nationalisme basque.
Des prêtres démissionnent du Conseil presbytéral
Selon les médias espagnols de mardi 12 janvier, 7 prêtres ont démissionné pour cette raison du Conseil presbytéral. Le 21 novembre dernier, le pape Benoît XVI désignait Mgr Munilla, un jeune prélat d’origine basque – il est né le 13 novembre 1961 à San Sebastian -, au poste d’évêque de San Sebastian, au grand dam de la majorité du clergé basque. Il prenait officiellement possession du diocèse le 9 janvier lors d’une cérémonie d’installation en la cathédrale du Bon Pasteur.
Notons que quelque 77% des prêtres du diocèse ont signé, à la mi-décembre, une lettre ouverte de protestation contre la nomination de Mgr Munilla. Selon la presse espagnole, les signataires seraient sympathisants des nationalistes militant pour l’indépendance du Pays basque, tandis que Mgr Munilla appartiendrait à l’aile conservative pro-espagnole opposée aux tendances nationalistes basques.
Les politiques s’en mêlent
Le parti nationaliste basque PNV a estimé que la venue de Mgr Munilla à San Sebastian est une tentative de «dépersonnaliser» l’Eglise basque. «Il n’y a rien de plus à droite» que lui, a ainsi affirmé Joseba Egibar, chef du PNV en Guipuzcoa.
A l’instar du peuple basque, le clergé de cette région est profondément partagé entre nationalistes et non nationalistes. Une petite majorité des prêtres basques défend l’indépendance politique du Pays basque et la séparation d’avec Madrid. S’ils ne soutiennent pas les frappes sanglantes de l’organisation terroriste basque ETA, ils aspirent cependant au même but. Ils célèbrent leurs cultes en langue basque et souhaitent se séparer de la Conférence des évêques espagnole, tout en demandant la création d’une Conférence des évêques basques qui soit autonome. Le Vatican s’oppose cependant à ce projet, puisqu’il n’approuve en règle générale le détachement d’une Conférence des évêques qu’à la suite d’une séparation étatique formelle. (apic/kna/lcg)



