Le Comité ouvrier chrétien chinois de Hong Kong, une initiative des Eglises
Interpellé par les conditions de travail très difficiles endurées par les travailleurs de la colonie britannique, le Conseil chrétien de Hong Kong lance dans les années 60 une mission ouvrière. C’est l’époque des produits «made in Hong Kong», une rude concurrence pour l’industrie occidentale obtenue grâce à la sueur d’ouvriers taillables et corvéables à merci.
La mission ouvrière, initiative des Eglises protestantes, allait donner naissance en 1967 au Comité ouvrier chrétien, le «Hong Kong Christian Industrial Committee» (CIC), soutenu par la Mission de Bâle et l’œuvre d’entraide protestante suisse Pain pour le prochain. Le CIC est à l’origine d’un certain nombre de progrès sociaux importants à Hong Kong, comme le congé hebdomadaire obligatoire.
Face à une réalité syndicale répondant davantage à des impératifs politiques qu’à la défense des travailleurs – depuis la prise de pouvoir en Chine par les communistes en 1949 et jusqu’en 1991, les seuls syndicats existants se situaient dans le giron des forces de gauche ou de droite – le CIC a créé les bases d’un mouvement syndical indépendant. La seule centrale syndicale indépendante est née il y a 7 ans de ces efforts: la Confédération syndicale de Hong Kong CTU, qui regroupe actuellement 42 syndicats représentant plus de 110’000 travailleurs. Le CIC, qui lutte avec la CTU pour les droits des travailleurs, a également joué un rôle dans le mouvement démocratique de Hong Kong dès les années 80.
Depuis 1993, le Comité ouvrier chrétien a élargi son champ d’action à la défense des travailleurs de la Chine du Sud, où les investisseurs de Hong Kong sont fortement présents, en particulier dans les zones économiques spéciales. Grâce à son centre de documentation, le CIC est en mesure de dénoncer les violations des droits de l’homme des travailleurs en Chine et le non respect des dispositions de la loi sur le travail dans l’industrie de sous-traitance. (apic/be)



