Le condamné a agonisé pendant 40 minutes
Etats-Unis: Après une exécution «ratée», un archevêque demande de reconsidérer la peine de mort
Oklahoma City, 2 mai 2014 (Apic) Suite à l’exécution «ratée» de Clayton Lockett, le 29 avril 2014, Mgr Paul Coakley, archevêque catholique d’Oklahoma City, a demandé que l’on reconsidère la peine de mort. Le condamné avait agonisé pendant près de 40 minutes, dans la prison de McAlester, en Oklahoma, suite à l’injection d’une nouvelle substance létale encore non testée.
«L’exécution de Clayton Lockett met réellement en lumière la brutalité de la peine de mort», a déclaré Mgr Coakley, relayé par l’agence de presse américaine «Catholic News Agency» (CNA). Pour le prélat, cet événement doit mener la société à considérer l’adoption d’un moratoire sur cette pratique, ou même sa complète abolition.
Clayton Lockett est mort d’un infarctus, et non, comme prévu, des effets de l’injection létale. Il était détenu dans le couloir de la mort pour le viol et le meurtre d’une adolescente, en 1999. La procédure d’exécution utilisait pour la première fois un nouveau mélange de barbituriques, suite au refus des fabricants européens de fournir du pentobarbital, l’anesthésiant le plus couramment employé.
Une dizaine de minutes après le début de l’injection, Clayton Lockett a commencé à se cabrer de douleur, en proie à d’intenses tremblements. Le personnel de la prison a alors immédiatement fermé le rideau séparant la salle d’exécution du public venu y assister.
Retrouver le sens de la dignité humaine
«Il existe certainement un besoin d’administrer la justice avec toute la considération possible pour les victimes du crime, a affirmé l’archevêque. Mais nous devons trouver un moyen de le faire qui ne contribue pas à la culture de mort qui menace notre sens inné de la dignité humaine et de la sacralité de la vie, de la conception à la mort naturelle».
Pour le prélat américain, la façon dont une société traite ses criminels en dit beaucoup sur son niveau de civilisation. «En général, il existe d’autres moyens de rendre un juste châtiment que de s’en remettre à des mesures létales», a conclu Mgr Coakley. (apic/cna/rz)



