Paris: L’Œuvre d’Orient s'inquiète de la progression des groupes jihadistes en Syrie
Le conflit est de plus en plus confessionnel et anti-chrétien
Paris, 29 novembre 2013 (Apic) Le conflit qui ensanglante la Syrie est de plus en plus confessionnel et anti-chrétien. Tel est le cri d’alarme lancé le 28 novembre 2013 par Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient à Paris. Cette œuvre d’entraide, qui soutient des projets dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’aide sociale et de l’action pastorale dans 23 pays, en particulier au Moyen-Orient, est placée sous la protection de l’archevêque de Paris.
«Nous sommes inquiets de la présence de groupes jihadistes parmi les rebelles qui ont le désir d’installer un vaste califat islamiste», écrit Mgr Gollnisch. Mais le directeur de l’Œuvre d’Orient rappelle qu’une population musulmane majoritaire est opposée à un tel projet.
Il faut mettre un terme au conflit qui dévaste la Syrie
«Tout le monde, aussi bien en Orient qu’en Occident, aussi bien de l’autre côté de la Méditerranée qu’en France, a le souci de ce qui se passe en Syrie. Chacun comprend que dans ce pays où règne une guerre civile, il faut arriver à terminer le conflit, arrêter la guerre qui est en train de dévaster ce pays, d’écraser cette population».
Si la position de l’Œuvre d’Orient n’est pas une position politique en tant que telle, et que comme œuvre d’Eglise, elle n’a pas à prendre de positions partisanes, note son directeur, «nous sommes aux côtés de ceux qui souffrent. Ce que nous voyons, c’est des souffrances et des atteintes au droit de part et d’autre».
Volonté d’imposer un califat islamiste de l’Atlantique au Pakistan
Cependant, Mgr Gollnisch exprime son inquiétude de voir se développer la présence de groupes jihadistes parmi les rebelles «qui rend ce conflit davantage confessionnel et davantage anti-chrétien qu’il n’était au départ». «Ces jihadistes ont réellement le désir d’installer un vaste califat islamiste depuis l’Atlantique si possible jusqu’au Pakistan, jusqu’en Inde». Et de rappeler que ce califat islamiste serait «une application sévère et dure de la charia, dans lequel les chrétiens n’auraient pas leur place».
Les protagonistes de ce projet de califat ne s’intéressent pas, en réalité, à la Syrie, dont ils veulent ignorer les frontières «que l’on considère issues du colonialisme». Ceci est très inquiétant et menace les chrétiens, souligne le directeur de l’Œuvre d’Orient. Qui désire alerter les opinions publiques occidentales sur «ce risque majeur que la France combat dans beaucoup de pays et qu’elle doit certainement combattre également en Syrie». Ce danger fondamentaliste s’étend à d’autres pays, comme l’Irak, l’Egypte et la Tunisie. «Ce qui est intéressant, conclut-il, «c’est qu’une population musulmane importante, aujourd’hui sans doute majoritaire, se dresse pour dire ‘ce n’est pas cela que nous voulons pour nos sociétés!’
Dans ce refus, les chrétiens peuvent avoir un espoir». (apic/com/be)



