Mgr Cassidy suggère la mise en place d’une commission mixte

Le Congrès juif mondial demande aux catholiques d’aller plus loin dans l’autocritique

Rome, 26 mars 1998 (APIC) Relations entre catholiques et juifs: le Congrès juif mondial demande à l’Eglise d’aller plus loin dans l’autocritique. Le cardinal Cassidy se déclare favorable à la mise en place d’une commission mixte.

A l’occasion de la rencontre, au Vatican, du «Comité international de liaison entre juifs et catholiques» sur l’éducation à la connaissance réciproque, le Congrès Juif mondial a demandé à l’Eglise d’aller plus loin dans la recherche historique sur la shoah et l’éventuelle responsabilitéé des catholiques. Le cardinal Cassidy suggère qu’une commission mixte examine soigneusement les documents déjà publiés avant de chercher de nouveaux éléments.

La 16e rencontre du Comité international de liaison entre juifs et catholiques s’est tenue du 23 au 26 mars au Vatican. Une première, s’agissant du lieu de rencontre.

A l’issue de cette réunion, le pape Jean Paul II a reçu jeudi matin 26 mars les membres du Comité de liaison, ceux du Comité juif international pour les questions interreligieuses, et de la Commission du Saint-Siège pour les Relations avec le judaïsme, présidée par le cardinal Edward Idris Cassidy.

La rencontre a débouché sur une «déclaration conjointe» de 5 pages, lues par le cardinal Cassidy et par Gerhard Riegner, vice-président honoraire du Congrès Juif Mondial. Le débat de ces journées a été surtout alimenté par le document publié le 16 mars dernier par le Vatican sur la shoah, et qui a déçu, côté Juif. Une déception qui a fâché le Vatican. Le pape se contentant, lors de son voyage u Nigéria, de renvoyer aux travaux de l’historien jésuite français, Pierre Blet.

La rencontre a aussi permis un échange sur les déclarations publiées par les différentes conférences épiscopales sur la shoah (en France, mais aussi en Pologne, en Hongrie, en Allemagne, aux Etats-Unis, en Hollande et en Suisse). Enfin, on a abordé la question du Jubilé de l’An 2000.

A propos du document sur la Shoah, le cardinal Cassidy a essayé de clarifier certaines incompréhensions quant à la terminologie employée, en particulier, la différence entre l’Eglise dans son mystère d’Epouse mystique du Christ et l’expression > de l’Eglise, qui, dit-il, n’exclut personne, à aucun niveau.

Dans son discours devant le pape, Geoffrey Wigoder, de Jérusalem, a souligné les pas déjà franchis au cours de ces dernières années. Il rappelle qu’au début des réunions de l’ILC, trois questions étaient à l’ordre du jour. Tout d’abord, les problèmes posés par l’ancienne théologie catholique (la théologie de la «substitution» de l’Eglise au peuple d’Israël, en particulier). Sur ce point, le G. Wigoder a rendu hommage à Jean Paul II qui a déclaré en 1980 que l’Alliance de Dieu avec le Peuple de l’Ancienne Alliance n’a jamais été révoquée. Il a de plus salué la publication, en 1985, du document sur la «Présentation correcte des juifs et du judaïsme dans la prédication et la catéchèse».

Troisième point, a continué l’orateur, le lien «entre l’antisémitisme et l’holocauste». Il a souligné l’importance de la condamnation de l’antisémitisme par la Déclaration conciliaire «Nostra Aetate», puis des prises de positions des Conférences épiscopales et du pape lui-même. Quant au document récemment publié, l’avis de G. Wigoder est nuancé. Pour ne pas dire plus. Il a toutefois exprimé son espoir que le pape se rende dans la à Jérusalem avant l’an 2000.

Enfin, le travail de ces journées a aussi permis d’élaborer un document conjoint sur l’écologie, un exemple, a commenté le cardinal Cassidy de la façon dont juifs et catholiques peuvent coopérer au bien commun. (apic/imed/pr)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!