Rome: La traditionnelle rencontre entre le Vatican et l’Université Al-Azhar n’aura pas lieu
Le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux sans nouvelle de ses interlocuteurs égyptiens
Rome, 21 février 2011 (Apic) Alors que la traditionnelle rencontre entre le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et l’Université égyptienne sunnite Al-Azhar était programmée pour les 23 et 24 février 2011 au Vatican, le dicastère a indiqué deux jours plus tôt à l’agence i.media être sans nouvelle de ses interlocuteurs égyptiens. Le 20 janvier, la plus importante institution de l’islam sunnite avait annoncé sa décision de suspendre ses relations avec le Vatican suite aux appels lancés par le pape aux gouvernants du Moyen-Orient à défendre les minorités chrétiennes. Pourtant, des représentants d’Al-Azhar seront bien en déplacement à Rome le 23 février.
«Nous n’avons pas de nouvelles de nos amis», a confié le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, notant en outre que la rencontre devait avoir lieu les 23 et 24 février. Et de rappeler que les autorités de l’Université Al-Azhar, le grand imam Ahmed El-Tayyeb en tête, «ont voulu geler le dialogue avec le Vatican, jusqu’à une date indéterminée».
Une attitude que ne partage pas le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Son président, le cardinal Jean-Louis Tauran, avait en effet assuré à plusieurs reprises que le Vatican restait ouvert au dialogue et demeurait toujours disponible pour participer à la réunion.
Paradoxalement, un autre colloque à caractère interreligieux aura lieu le 23 février à Rome, en présence de représentants de l’Université musulmane cairote. Organisé par la Communauté Sant’Egidio, il sera intitulé : «Chrétiens et musulmans – Pour un avenir commun». Le mouvement italien a confirmé à l’agence imedia que Muhammad Rifaa al Thatawi, porte-parole de l’Université, et Hasan Shafie, représentant spécial du grand imam, interviendraient lors de cette rencontre où le Vatican sera représenté par Mgr Cyril Vasil, secrétaire de la Congrégation pour les Eglises orientales.
Retour d’Egypte
Le dicastère en charge du dialogue interreligieux s’est en revanche félicité du retour à Rome de l’ambassadeur d’Egypte près le Saint-Siège, annoncé par Le Caire le 20 février et prévu pour le 23. Le rappel de Lamia Aly Hamada Mekhemar, en Egypte depuis 40 jours pour «consultations», a ainsi été jugé comme «un bon signe» tout en rappelant qu’»entre-temps, le régime d’Hosni Moubarak est tombé». «Les conditions étaient réunies pour renvoyer l’ambassadeur à Rome», a encore indiqué un membre du dicastère.
Le 20 février, le porte-parole du ministère égyptien des affaires étrangères avait pour sa part affirmé que cette décision avait été prise après une intervention du nonce apostolique au Caire, Mgr Michael Fitzgerald, faisant part du désir du Saint-Siège «de tourner la page du différend avec l’Egypte». Selon le porte-parole, le pays «a apprécié les signaux positifs répétés qui ont émané récemment de nombreux responsables du Vatican envers l’Egypte et a décidé d’y réagir favorablement en ramenant l’ambassadrice à son poste».
Le 11 janvier, Le Caire avait décidé de rappeler la diplomate suite à l’appel lancé par Benoît XVI aux gouvernants du Moyen-Orient à défendre les minorités, interprété comme une «ingérence» dans les affaires du pays. Cette décision intervenait quelques jours avant le soulèvement populaire qui a conduit à la démission d’Hosni Moubarak. (apic/imedia/cp/amc)



