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Le coronavirus frappe les Pères jésuites au Liban

Alors que le Liban ferme ses frontières et proclame l’état d’urgence sanitaire, le coronavirus Covid-19 a frappé la communauté des jésuites du pays, dont onze Pères sont désormais touchés par la pandémie qui se développe et a déjà causé les premiers décès.

Le Liban, un pays qui compte 4,5 millions de Libanais et plus d’un million de réfugiés syriens, a déjà enregistré trois décès dus à l’épidémie de Covid-19 et une centaine de cas de contamination.

Rassemblements religieux prohibés

Dans un communiqué publié le 16 mars 2020, la communauté des jésuites de Beyrouth précise qu’»à ce jour, il y a dix jésuites de Beyrouth et un de Bickfaya atteints du Covid-19, dont quatre hospitalisés».

Les jésuites de la résidence de Beyrouth sont en quarantaine depuis le 7 mars et le restent jusqu’à nouvel ordre. Ils sont suivis médicalement de près et soumis régulièrement à des tests. Le jésuite de Bickfaya les a rejoints le 15 mars 2020. Les jésuites atteints ont informé eux-mêmes ou par le biais d’autres jésuites, les personnes qui ont été en contact avec eux.

Le patriarche maronite Béchara Boutros Raï a appelé les Libanais à se cloîtrer chez eux pour éviter la propagation du coronavirus Covid-19, sauf en cas d’urgence extrême. Plusieurs cas de contaminations dans la région du Kesrouan et de Byblos ont été constatés suite à des rassemblements religieux.

Bataille de l’ampleur d’une «guerre mondiale»

Le patriarche a également mis en garde contre les rassemblements, indiquant que les personnes doivent respecter les distances entre elles. Il a  appelé la population à la prière à leur domicile via les médias religieux.

Dans une allocution diffusée à la télévision, Hassan Nasrallah, dirigeant du Hezbollah, a décrit la  pandémie comme une bataille de l’ampleur d’une «guerre mondiale». «Priez à la maison et n’allez pas dans les mosquées et les églises», a-t-il déclaré. Le dirigeant chiite a estimé que jusqu’à ce que le monde découvre un remède à cette pandémie, l’objectif doit être de limiter la propagation du virus ainsi que les pertes humaines. Pour lui, obéir aux instructions des autorités sanitaires est «un devoir religieux».

La population au Liban a été appelée à rester confinée chez elle pendant deux semaines pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus, ont annoncé dimanche 15 mars les autorités du pays. Les autorités avaient décrété dans un premier temps la suspension de tout transport aérien, maritime et terrestre venant de et à destination de Chine, d’Italie, d’Iran et de Corée du Sud. Désormais, les mesures ont été étendues.

Mobilisation générale

Le gouvernement libanais a en effet annoncé la «mobilisation générale» jusqu’au 29 mars 2020. Cette mobilisation comprend notamment les mesures suivantes:

  • l’obligation pour la population de rester confinée à domicile et de limiter les déplacements au strict nécessaire;
  • la fermeture de l’aéroport international de Beyrouth, de tous les ports et des frontières terrestres du 18 au 29 mars 2020;
  • sauf exceptions, l’entrée sur le territoire libanais est désormais interdite aux voyageurs.

Lieux saints fermés en Iran

Notons que l’Iran a annoncé lundi la fermeture de quatre importants lieux saints, dont le sanctuaire de Machhad, première ville sainte chiite d’Iran, pour lutter contre le nouveau coronavirus qui a fait 853 décès dans le pays, selon les médias d’Etat. «Sur les ordres du QG anti-coronavirus et du ministère de la Santé, le saint mausolée» de l’Imam-Réza à Machhad (nord-est), ainsi que le sanctuaire de Fatima Masoumeh à Qom (centre) et du Shah-Abdol-Azim à Téhéran sont fermés jusqu’à nouvel ordre, a annoncé la télévision d’Etat. (cath.ch/be)

Eglise des jésuites saint Joseph, à Beyrouth | www.ndj.edu.lb
17 mars 2020 | 11:12
par Jacques Berset
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