Rome : Dans sa première interview depuis sa renonciation, Benoît XVI évoque la sainteté de Jean Paul II

Le courage de la vérité

Rome, 7 mars 2014 (Apic) Au cours de leur collaboration, Benoît XVI a été peu à peu convaincu de la sainteté de Jean Paul II. C’est ce qu’il affirme dans la première interview accordée depuis sa renonciation, dont d’amples extraits ont été publiés par plusieurs organes de presse le 7 mars 2014.

Dans cet entretien, inclus dans un ouvrage signé par un journaliste polonais à paraître ces jours-ci, et intitulé ›Près de Jean Paul II’, le pape émérite évoque la relation d’amitié qui l’unissait à son prédécesseur, dont il fut l’un des plus proches collaborateurs et dont il a essayé de porter l’héritage, sans toutefois pouvoir l’imiter.

«Au cours des années de notre collaboration, il m’est apparu de plus en plus clairement que Jean Paul II était un saint», estime Benoît XVI dans cette longue interview, accordée par écrit au Polonais Wlodzimierz Redzioch. Aux yeux du pape émérite, «le courage de la vérité (…) est l’un des critères de premier ordre de la sainteté». «Jean Paul II ne cherchait pas les applaudissements, il n’a jamais regardé autour de lui, inquiet de la façon dont ses décisions allaient être accueillies», poursuit Benoît XVI, qui ajoute que le pape polonais était également prêt à recevoir des coups.

En tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Joseph Ratzinger a travaillé pendant 24 ans en étroite collaboration avec Jean Paul II. Cette collaboration, assure-t-il, a toujours été marquée par l’amitié et l’affection.

En 2005, juste après son élection, Benoît XVI avait décidé d’ouvrir la cause de béatification de son prédécesseur, dérogeant à la règle du délai obligatoire de 5 ans après le décès.

«Je ne pouvais et ne devais pas essayer de l’imiter, assure également le pape émérite à propos de son prédécesseur, mais j’ai cherché à porter son héritage et son œuvre du mieux que j’ai pu». Benoît XVI affirme encore garder un souvenir plein de gratitude du pape polonais, se disant certain que la bonté et la bénédiction de Jean Paul II l’accompagnent et le protègent encore aujourd’hui.

Dans cette longue interview, le pape émérite aborde également le «premier grand défi» qu’il a eu à affronter avec Jean Paul II en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, à savoir le développement en Amérique du Sud de la Théologie de la libération. Le pape émérite reproche à ce courant son inspiration marxiste. Pour lui, la foi était utilisée comme le «moteur pour ce mouvement révolutionnaire» et transformée en «une force de type politique». Benoît XVI évoque en outre l’opinion commune en Europe et en Amérique du Nord qui voyait dans la Théologie de la libération un soutien aux pauvres et que l’Eglise devait «assurément approuver». «Mais c’était une erreur», juge le pape émérite. Pour lui, «il fallait s’opposer à cette falsification de la foi chrétienne par amour pour les pauvres également». (apic/imedia/mb/mp)

7 mars 2014 | 13:58
par webmaster@kath.ch
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