Vatican

Le culte de «Notre-Dame du Rocher», en Calabre, est autorisé

Le Dicastère pour la Doctrine de la foi (DDF) a donné son nihil obstat au sanctuaire italien de la Madonna dello Scoglio, en Italie, le 16 juillet 2024. Il s’agit en moins d’un mois du quatrième cas d’apparitions sur lequel le dicastère se prononce officiellement, depuis l’entrée en vigueur des nouvelles normes d’investigation sur les phénomènes surnaturels. 

Dans une lettre datée du 5 juillet et ratifiée par le pape François, le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la foi (DDF), confirme le «nihil obstat» prononcé par l’évêque du diocèse de Locri-Gerace, Mgr Francesco Oliva, sur le territoire duquel se trouve le sanctuaire. Les fidèles catholiques sont donc autorisés à s’y rendre en pèlerinage et à y vivre des évènements spirituels.

La dévotion à Notre-Dame du Rocher est née sur le lieu où la Vierge Marie serait apparue en 1968, demandant à un jeune paysan de 18 ans, Cosimo Fragomeni, de faire construire une chapelle en son honneur. L’ancien évêque de Locri-Gerace avait reconnu officiellement ce culte en 2008, et la chapelle, attirant de nombreux pèlerins, avait été promue «sanctuaire diocésain» en 2016. Entré dans le Tiers-ordre franciscain, Cosimo Fragomeni mène quant à lui désormais une vie d’ermite.

Dans la ligne des nouvelles normes édictées le 17 mai dernier pour étudier les phénomènes surnaturels dans l’Église catholique – apparitions, révélations, etc. –, Mgr Francesco Oliva a demandé au DDF de se prononcer. D’après ces normes en effet, il revient à l’ancien ’Saint-Office’ de donner l’approbation finale après l’enquête diocésaine. 

Le DDF se range à l’avis «positif» de l’évêque. «Aucun élément critique ou à risque n’est apparu, […] mais des signes de grâce et de conversion spirituelle», note le préfet. Le «nihil obstat» de Rome ne porte pas cependant sur «le caractère surnaturel ou non» des événements et n’implique «aucun jugement – ni positif ni négatif – sur la vie des personnes impliquées dans cette affaire», précise la lettre.

Prudence et vigilance sont de rigueur

Le dicastère recommande à l’évêque d’exercer «une vigilance constante afin qu’il n’y ait pas de manipulation des personnes, de gains financiers indus, d’erreurs doctrinales graves, qui pourraient provoquer des scandales, nuire aux fidèles et miner la crédibilité de l’Église». 

Un décret publié sur le site du diocèse permet aux fidèles d’adhérer au culte de Notre-Dame du Rocher «avec prudence», précisant que ceux-ci «ne sont pas tenus d’y croire». Les phénomènes surnaturels ne sont pas objets de dogme dans l’Église. 

Ces derniers temps, le DDF a multiplié les déclarations officielles sur des lieux présumés d’apparition. Le 27 juin, il jugeait ainsi que les «apparitions de Trevignano Romano» aux alentours de Rome étaient une fraude mystique. Le 8 juillet, il autorisait la promotion des apparitions mariales italiennes dites «de la Rose Mystique de Fontanelle» – ou «Madone de Montechiari». Et le 11 juillet, il déclarait que les apparitions mariales dites «d’Amsterdam» n’étaient pas d’origine surnaturelle. (cath.ch/imedia/ak/lb)

16 juillet 2024 | 17:27
par I.MEDIA
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!