Belgique: La double vie d’un ancien prêtre de Morat
Le curé et requérant en Belgique était aussi père de famille en Suisse
Bruges, 23 avril 2010 (Apic) «Curé d’un côté, demandeur d’asile de l’autre. Curé d’un côté, père de famille de l’autre. Une double vie qui a duré treize ans», C’est ce que révèle le site internet belge de Actu 24.be au sujet d’un prêtre congolais qui a officié autrefois en Suisse, en particulier à Morat dans le canton de Fribourg.
Le prêtre aurait donc une famille en Suisse, ainsi qu’une amie en Belgique et trois enfants. Interrogé par l’Apic, le porte-parole du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Nicolas Betticher, n’a pas souhaité s’exprimer sur cette affaire, en attendant d’obtenir des précisions.
Selon le journal belge «La Meuse», qui a raconté cette histoire rocambolesque le 22 avril, l’abbé E.K., âgé de 51 ans, a été ordonné prêtre en 1996 à Kinshasa. Il a conclu ses études de théologie à l’Université de Fribourg, en Suisse, avec l’obtention d’un doctorat.
En 1997, il fut engagé dans l’équipe pastorale francophone de Morat, où il officia comme prêtre auxiliaire. Mais son séjour dans le district du Lac fut de courte durée. Ce qui ne dut visiblement pas le contrarier. Car en parallèle, l’abbé E.K. entreprit des démarches en Belgique où, après une première demande d’asile en 1995, il débarquait officiellement sur le territoire belge en 1997, selon Actu 24.be. Sous un faux nom, il devenait aussi demandeur d’asile. Par la même occasion, il rejoignait sa compagne avec laquelle ils avaient eu un enfant. Mais le 15 octobre 1999, le vrai E.K., cette fois sous son vrai nom, arrive en Belgique comme… prêtre. Avec sous le bras son diplôme de théologie obtenu à Fribourg.
Le prêtre allait dès lors officier dans différentes paroisses, pour s’installer à Loyers, il y a deux petites années, tout en ne renonçant pas au statut de demandeur d’asile. Comble de l’ironie, selon Actu 24.be, le vrai et le faux E.K. obtenaient la naturalisation belge!
Le prêtre expliquait à ses paroissiens ses réguliers voyages à Fribourg, en Suisse, par les études de théologie qu’il y menait. Mais en réalité, l’enquête a révélé que E.K. avait là une autre compagne et des enfants. Fin mars 2010, il était placé sous mandat d’arrêt par le juge d’instruction suite à une dénonciation venue de Suisse. (apic/gs/actu/bb)



