Japon: Suspension des activités du Chemin néo-catéchuménal dans le diocèse de Takamatsu
Le dialogue n’est pas rompu pour autant
Takamatsu, 23 janvier 2011 (Apic) Mgr Mizobe Osamu, évêque du diocèse catholique de Takamatsu, a annoncé à ses diocésains la suspension des activités du Chemin néo-catéchuménal, «dans l’attente des résultats de la visite de l’envoyé spécial du Saint-Père», a rapporté «Eglises d’Asie» (EDA), l’agence d’information des Missions étrangères de Paris (MEP) le 21 janvier. Mgr Mizobe s’est exprimé dans une lettre pastorale, le 20 janvier 2011.
La décision de l’évêque intervient après qu’une délégation de l’épiscopat japonais a été convoquée à Rome, le 13 décembre 2010. Il avait été décidé que la mesure voulue par l’épiscopat japonais: l’interdiction des activités du Chemin néo-catéchuménal pour cinq ans, ne serait pas édictée et qu’une solution aux désaccords serait recherchée. Dans ce but, un délégué pontifical devait être prochainement nommé.
Mgr Ikenaga Jun, président de la Conférence épiscopale japonaise, avait demandé aux catholiques japonais, dans un article du «Katorrikku Shimbun» le 12 janvier, d’exprimer au futur envoyé pontifical les problèmes rencontrés avec le Chemin néo-catéchuménal, soulignant «la difficulté de faire remonter jusqu’à Rome la réalité de la situation».
Lettre pastorale «Le Chemin néo-catéchuménal»
Dans sa lettre pastorale, intitulée «Le Chemin néo-catéchuménal», Mgr Mizobe a retracé la visite de la délégation épiscopale japonaise à Rome. Sans rien dévoiler du contenu de l’audience, il a fait part de l’étonnement des évêques japonais à se retrouver face au pape et aux plus hauts responsables de la Curie romaine. Il s’est étonné que Mgr Hirayama, évêque émérite du diocèse d’Oita – aujourd’hui retiré à Rome et réputé proche du Chemin néo-catéchuménal – ait participé à l’audience. Finalement, selon Mgr Mizobe, la rencontre a pris la tournure d’un échange, où les opinions de chaque personne présente ont été exprimées, sans qu’une véritable discussion soit engagée. La rencontre s’est faite avec l’aide d’une traduction simultanée, aucune langue commune n’étant partagée par les personnes présentes.
La décision des évêques japonais de suspendre les activités du Chemin néo-catéchuménal au Japon présentait «une réelle difficulté pour le Vatican», a précisé Mgr Mizobe. Par conséquent, «la mise au point d’un plan d’action était devenue une nécessité». C’est dans ce cadre que le Saint-Père a évoqué l’envoi d’un visiteur spécial au Japon.
Dans sa lettre, Mgr Mizobe, a mentionné plusieurs fois que le problème rencontré avec la communauté missionnaire d’origine espagnole n’est pas propre à son diocèse ou au Japon. En Angleterre, en Palestine, aux Philippines, des évêques et des conférences épiscopales ont été amenés à prendre des mesures d’interdiction ou à émettre des recommandations au sujet du Chemin néo-catéchuménal, est-il écrit dans la lettre. Or, a insisté l’évêque japonais, d’un point vue tant pastoral que canonique, c’est à l’ordinaire du lieu – l’évêque local – qu’il appartient de juger de l’action d’une communauté ou d’un mouvement d’Eglise.
«Une opportunité pour chacun de réfléchir»
A leur retour au Japon, les évêques ont été reçus par le nonce apostolique à Tokyo. A cette occasion, «il fut décidé que chaque évêque était libre de procéder de la manière qui lui convenait dans son diocèse», y compris au sujet des activités du Chemin néo-catéchuménal.
L’évêque de Takamatsu a expliqué avoir tenté de gérer «de la manière la plus discrète possible» le problème que lui posait le Chemin néo-catéchuménal. Il attend des membres de ce mouvement qu’ils «décident par eux-mêmes de faire preuve d’autodiscipline dans les activités qu’ils déploient». Toutefois, le problème ayant pris une dimension internationale, Mgr Mizobe a estimé ne plus pouvoir «garder le silence».
En attendant les résultats de la visite pontificale, Mgr Mizobe a écrit que sa décision de suspendre le Chemin néo-catéchuménal «ne signifie pas que le dialogue est rompu». Mais sa décision doit être «considérée comme une opportunité pour chacun de réfléchir». Il a appelé à «un dialogue en vérité» et a précisé que les membres du Chemin néo-catéchuménal ne sont pas «exclus» du diocèse. Il a demandé à tous de prendre un rôle actif dans le plan de renouveau de trois ans qu’il a défini et baptisé «Renaissance et Unité». (apic/eda/ggc)



