Berne: Assemblée générale de la Coopérative Apic /Kipa à Berne

Le directeur du CCRT Bernard Litzler entre au comité

Berne, 29 mai 2010 (Apic) Une dizaine de membres, et quelques invités, ont participé vendredi 28 mai à l’assemblée générale de la Coopérative Apic / Kipa à Berne. Ils ont accueilli au comité le directeur du CCRT (Centre catholique de Radio et Télévision) Bernard Litzler. Et ont pris connaissance des nouveaux défis qui se profilent, pour la rédaction francophone notamment.

Après la reprise des rubriques «médias» du site kath.ch par la rédaction alémanique en 2009, un tel projet est également en vue en Romandie sur le site de l’association Catholink www.cath.ch . Cette synergie va immanquablement renforcer la présence de l’Apic sur internet. Déjà en 2009, le nombre de visites sur le site internet www.kipa-apic.ch avait presque triplé, passant de 141’325 à 376’000. Et le nombre de pages consultées a été multiplié par plus de 7 (de 371’000 à 2,86 millions).

L’assemblée générale de l’Apic / Kipa 2009, l’an dernier à Zürich, avait déjà été marquée par le début d’une nouvelle ère, avec le récent déménagement de la rédaction alémanique à Zürich, la collaboration avec le Katolischer Mediendienst et la mise en place d’un nouveau système de chargement des articles, sur internet. Ces nouveautés ont permis de renforcer la position de l’agence sur la toile, tout en la mettant dans une position de questionnement face à la gratuité de l’information. Comme l’a relevé dans son rapport annuel Josef Bossart, rédacteur en chef de la rédaction alémanique, il devient toujours plus difficile de trouver un juste équilibre entre les nouvelles accessibles gratuitement et celles réservées aux abonnés payants. D’autant plus que les instances de co-financement de l’Apic / Kipa attendent toujours que celle-ci assure au moins un tiers de ses recettes par ses propres moyens.

Une autre conséquence du renouvellement régulier des informations sur le site de kath.ch: l’équipe de rédaction de langue allemande a assuré 365 jours de diffusion durant l’année 2009. Ce défi devrait également être relevé bientôt par la rédaction francophone, moyennant un renforcement de son équipe de journalistes.

Construire des moulins et non des murs

Ces changements, actuels et futurs, ont visiblement enthousiasmé les co-présidentes Beatrix Ledergerber-Baumer et Sabine Rüthemann. Dans leur introduction du rapport annuel, elles ont affirmé :»Quand souffle le vent du changement, les uns construisent des murs, les autres des moulins à vent. De ce proverbe chinois, kipa-apic veut résolument choisir la seconde proposition.»

Au chapitre des élections, la candidature au comité de Bernard Litzler, directeur du Centre catholique de Radio et Télévision et ancien rédacteur en chef de l’Echo Magazine, a été unanimement approuvée par la dizaine de membres présents. Sabine Rüthemann a déclaré qu’avec cette arrivée, le caractère bilingue de l’Apic / Kipa devenait renforcé. Bernard Litzler prend la succession du jésuite Albert Longchamp, également un ancien rédacteur en chef de l’Echo Magazine.

Au niveau des finances, l’année 2009 s’est soldée par un léger bénéfice, de 17’218 francs, pour des dépenses se montant à près de 1,296 million de francs. La très grande majorité du budget est consacrée aux rémunérations des collaboratrices et collaborateurs. Au niveau des recettes, sur quelque 1,314 million de francs, 888’000 francs proviennent des contributions de l’Eglise catholique (Commission centrale catholique romaine, quête pour les média), 12’000 francs de dons, alors que 404’000 francs résultent des abonnements et autres revenus rédactionnels.

A la fin de l’assemblée, les membres de la Coopérative Apic / Kipa se sont donné rendez-vous au 2 juillet à 17h30 à la Heiliggeistkirche Berne pour le vernissage de l’exposition « L’art au monastère » rassemblant des œuvres de 11 religieuses et religieux artistes dont l’Apic a rédigé des portraits rassemblés dans une brochure.

Eglise – médias : un rapport difficile

Au terme de la partie statutaire, le secrétaire exécutif de la Commission pour la communication et les médias de la Conférence des évêques suisses (CES) Simon Spengler s’est basé sur son expérience dans les médias profanes – il a notamment travaillé au journal de boulevard Blick – pour livrer ses impressions sur la relation difficile entre l’Eglise catholique et les médias. Prenant comme point de départ la gestion des affaires d’abus sexuels, il a d’abord souligné la diversité d’approche qu’il a constatée dans la hiérarchie de l’Eglise. Plusieurs évêques ont notamment dénoncé la campagne menée par les médias « pour salir l’Eglise » et ont estimé que le problème avait été amplifié. « Mais où se situe le problème en réalité ? », a demandé Simon Spengler. « Dans les médias ou dans l’Eglise ? ». Se basant sur son expérience de journaliste, il a affirmé que les Eglises étaient les milieux aux comportements les plus difficiles à démêler pour les médias.

Autre problème perçu par Simon Spengler : le manque de réaction dans les milieux ecclésiaux face à l’actualité: « Le message de l’Eglise a une dimension d’éternité. On prend le temps. Alors que la presse travaille dans l’immédiat ». Le secrétaire exécutif de la Commission pour la communication et les médias de la CES souhaite donc une amélioration dans la rapidité de la communication dans l’Eglise.

Enfin, Simon Spengler déplore que l’Eglise catholique ne cherche pas davantage à soigner les contacts avec la presse, même par exemple en prenant rendez-vous avec un journaliste pour discuter d’un sujet actuel. Les évêques, les prêtres et autres représentants de l’Eglise ont tendance à ne s’adresser aux médias que pour annoncer un rassemblement ou faire parvenir des communiqués. Il prône la mise en place d’une véritable stratégie médiatique et cite en exemple la façon dont a réagi l’Opus Dei après la sortie du film « Da Vinci Code » dans lequel le mouvement était la cible de nombreuses accusations. Au lieu de tenter de stopper la vague, les responsables de l’Opus Dei ont utilisé cette subite notoriété. Ils n’ont pas cherché à dénoncer le film – tout au plus ont-ils signalé ce qu’ils considéraient comme des erreurs – mais surtout, ils se sont ouverts au public. « A partir de citron, nous avons fait de la limonade », a même expliqué à Simon Spengler un des responsable du mouvement. (apic/bb)

29 mai 2010 | 17:37
par webmaster@kath.ch
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