Ex-capitaine dans les forces armées, et avocat âgé de 56 ans, Vladimiro Montesinos est peu à peu devenu le > du régime Fujimori. Alberto Fujimori, qui a passé son pouvoir en étant à l’écoute de cet homme, est finalement tombé avec lui. Accusé d’espionnage au profit de la CIA, et d’avoir vendu à cette dernière des informations, Montesinos a été déchu de son titre de capitaine d’artillerie. En 1977, la Haute Cour de Justice militaire l’avait condamné pour > et >. En 1984, il avait bénéficié d’un non-lieu pour une accusation de >.
Le > du régime est tombé
Sa carrière militaire lamentablement terminée, l’homme fort du régime de Fujimori s’est tourné vers le droit, après des études à Lima. Il avait notamment défendu des trafiquants de drogues notoires. On dit de lui qu’il est à l’origine des faux documents attestant de la naissance de Fujimori au Pérou, et de la disparition de ceux démontrant qu’il est effectivement né au Japon. Ce qui aurait fait obstacle à toute candidature à la présidence.
Ce fut le départ de l’irrésistible ascension de Montesinos. A la question de savoir ce que faisait Montesinos dans son entourage, Fujimori se bornait à répéter qu’il était son avocat. Un avocat qui, depuis 1992, est à chaque fois apparu lorsqu’un nouveau scandale politique se dessinait: mise à pied du général Jaime Salinas et des militaires courroucés après l’auto-coup d’Etat de 92; désarticulation des syndicats; pression et chantages contre les médias trop indépendants; tortures contre des dissidents dans les services secrets; liens étroits avec les milieux de la drogue, dont il percevait des royalties pour des millions. Montesinos ne s’est d’ailleurs pas toujours résigné à jouer son rôle dans l’ombre.
Lorsqu’une opération ne portait aucune signature, le > du régime se l’appropriait volontiers: la capture de Guzman, le succès de la lutte anti-terroriste, l’opération contre le MRTA dans la résidence de l’ambassadeur du Japon à Lima… C’est enfin lui qui avait orchestré les élections présidentielles, les plus frauduleuses de l’histoire du pays. (apic/pierre rottet)



