Division dans la population, division au sein de l’Eglise péruvienne. Dans une déclaration publique, l’archevêque de Lima, Mgr Juan Luis Cipriani, membre de l’Opus Dei et ami personnel du président Fujimori, critique sévèrement la mission de l’OEA. Il invite les membres à rester chez eux. Et à ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures du Pérou. Il balaie les critiques contre les violations des droits de l’homme et les fraudes. Et soutient que le Centre Carter ferait bien de se mêler de ce qui le regarde.
Le faux pas de l’archevêque de Lima
Une déclaration qui n’a, de loin, pas plu à l’épiscopat péruvien. Ce dernier a publiquement désavoué l’archevêque de Lima: «Mgr Cipriani a parlé en son nom. Uniquement en son nom. Ses critiques contre la mission de l’OEA ont été faits à titre personnel, et non comme porte-parole de l’Eglise», soutient le communiqué des évêques. Ces derniers, qui déclarent appuyer la Mission de l’OEA, ont laissé Mgr Cipriani dans une position délicate, commente «La República».
Dans les milieux catholiques péruviens, l’archevêque est de plus en plus isolé. Il avait joué un rôle clé dans avec les services de renseignement dans le massacre des membres du MRTA dans l’affaire de la prise d’otage dans la résidence de l’ambassadeur japonais. On lui reproche aussi sa connivence avec Fujimori, qui a ordonné une campagne de contrôle des naissances – critiquée par l’Eglise -, avec la stérilisation de plus de 200’000 femmes d’ethnie quechua, une stérilisation forcée pour la plupart d’entre-elles.
Pour un théologien proche de la Conférence des évêques péruviens, qui désire garder l’anonymat, il ne faut pas «s`étonner voir les gens rejoindre les sectes. Des attitudes comme celles de Mgr Cipriani y contribuent largement».
Et comme pour lui donner raison, une famille a renoncé au catholicisme pour protester publiquement et ouvertement dans une lettre ouverte contre la position de l’archevêque de Lima. Dans une lettre envoyée à ce dernier, Jesus Linares Cornejo dit, au nom des siens, vouloir renoncer de manière irrévocable «à notre condition de fidèles de la religion catholique, apostolique et romaine. Vous ne servez en aucun cas les intérêts de ceux qui souffrent, en appuyant et en couvrant de la sorte la corruption et l’immoralité de ce président». (apic/pr)



