Gabon: Le gouvernement en passe d’abolir la peine de mort

Le Gabon devrait servir d’exemple au Mali et au Bénin

Libreville, 17 février 2011 (Apic) Le gouvernement du Gabon a annoncé, le 11 février 2011, que son Conseil des ministres avait décidé d’abolir la peine de mort, une sentence non appliquée depuis plus de 20 ans dans le pays. Mais c’est au Parlement que reviendra la décision d’entériner cette abrogation, indique le site Internet «Afrik.com».

Une nouvelle accueillie avec joie par la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), qui «salue la volonté du gouvernement gabonais d’abolir, en droit, la peine de mort. Elle appelle solennellement les parlementaires à valider cette intention, qui ferait du Gabon le 16e pays africain à ne plus condamner d’individus à cette peine cruelle et inhumaine», peut-on lire sur le site «Afrik.com».

Présidente de la FIDH, la Tunisienne Souhayr Belhassen y voit un «pas fondamental», que le Gabon s’apprête à franchir. Elle estime que le gouvernement doit aller jusqu’au bout de ce processus et que les parlementaires gabonais ont l’occasion d’écrire «une nouvelle page de l’histoire». Après le Togo et le Burundi en 2009, la FIDH espère que le Gabon suivra prochainement le mouvement abolitionniste. Dans la foulée, son président d’honneur, Sidiki Kaba, a invité le Mali et le Bénin à franchir le pas rapidement et à «rejoindre le camp, toujours plus nombreux, des pays qui reconnaissent que la peine capitale est inutile et contraire à nos valeurs».

Le fait que le Gabon devienne la figure de proue du mouvement abolitionniste sur le continent africain est réjouissant pour la FIDH. Qui plus est, le gouvernement gabonais a annoncé qu’il soutiendrait, en tant que co-auteur, le projet de résolution de l’ONU sur l’abolition de la peine de mort, qui sera présenté au cours de la 61e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, en septembre 2011. Un projet qui a déjà bénéficié du soutien de 109 Etats membres en 2010.

Le Maouloud comme tribune de la peine de mort

Au Mali, l’Assemblée nationale se penchera sur le projet d’abolition de la peine de mort, lors de sa session d’avril prochain. Le projet suscite l’opposition des organisations musulmanes, très influentes dans le pays. Son examen, déjà inscrit à l’ordre du jour du parlement en octobre 2010, avait été renvoyé à la session d’avril.

Dans son édition du 16 février, le quotidien malien «L’Indépendant» a rapporté que l’influent guide spirituel de l’Association musulmane Ançardine, Chérif Ousmane Madani Haïdara, avait réclamé le maintien de la peine de mort, devant plusieurs milliers de fidèles, rassemblés pour la célébration du Maouloud ou Mouled (naissance du prophète Mohamet, ndlr). Selon lui, la peine de mort est la solution à tous les maux dont souffre la société: la recrudescence des assassinats, des agressions et des braquages de tout genre dans le pays. «Toutes les différentes mesures prônées et prises par les autorités pour circonscrire le fléau ont échoué», a-t-il rappelé, tout en exhortant le gouvernement «à se plonger dans le Saint-Coran et à s’inspirer de ses prescriptions en la matière, soit l’application de la charia (loi Islamique, ndlr)».

«Au regard de la charia, lorsqu’un meurtre est prouvé et la culpabilité du meurtrier établie, il est condamné à mort et passe devant un poteau d’exécution», a fait remarquer le cheikh Haïdara, en présence des représentants de l’Etat. Il a ajouté que cette méthode a fait ses preuves et a été de nature à dissuader beaucoup de personnes malintentionnées dans certains pays. (apic/afrik.com/indépendant/ibc/nd)

18 février 2011 | 14:56
par webmaster@kath.ch
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