«Le gouvernement doit les soutenir davantage»
Paris: Le patriarche Younan revient sur les attentes des chrétiens en Irak
Paris, 1er décembre 2010 (Apic) Lors d’une visite aux blessés et réfugiés irakiens arrivés en France suite à l’attaque de la cathédrale syriaque catholique de Bagdad, le 31 octobre, le patriarche Ignace Youssef III Younan a été reçu à Paris par la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie. A cette occasion, le patriarche est revenu sur les attentes des chrétiens d’Irak.
«Après ces attaques, les chrétiens (l’Eglise syriaque catholique compte 175’000 fidèles répartis en Syrie, au Liban et en Irak, ndlr) auraient souhaité que les instances religieuses de l’islam se lèvent non seulement pour condamner, mais aussi pour prendre des mesures concrètes pour lutter contre l’extrémisme. Les représentants doivent agir plus fermement, sachant que l’immense majorité des musulmans condamnent de tels actes de terreur», a-t-il déclaré, selon le quotidien catholique français La Croix.
Le chaos le plus total
En outre, les chrétiens d’Irak attendent que le gouvernement les soutienne davantage sur le plan politique. «Le problème, c’est qu’il n’y a pas d’État pour imposer la sécurité et contrôler le discours religieux, comme c’est le cas en Syrie ou en Jordanie par exemple, ce qui permet aux minorités de vivre en paix, dans le respect de leurs droits civiques. Depuis l’invasion du pays en 2003, c’est le chaos le plus total en Irak», a déploré le patriarche.
Toujours selon La Croix, il remercié le gouvernement français d’avoir accueilli les blessés de l’attentat du 31 octobre à Bagdad, tout en rappelant qu’il ne faudrait pas non plus encourager l’exode des chrétiens d’Irak. «Ce serait une manière de donner raison aux terroristes», a-t-il martelé. A la question, «ces blessés doivent-ils rester en France ou rentrer?», le patriarche a répondu: «Je ne peux pas choisir pour eux». Pour lui, la meilleure solution, pour les chrétiens menacés à Bagdad ou à Mossoul, est encore de rejoindre les zones plus sûres, comme le Kurdistan au nord.
Mener une vie normale
L’attentat du 31 octobre contre les syriens-catholiques de Bagdad a ébranlé tous les chrétiens d’Irak. «Des violences, notre communauté en a déjà connu. Mais celle-ci fut inouïe. Et elle a été suivie par plusieurs autres attaques mortelles contre des familles et des foyers de chrétiens. Si bien que beaucoup ne savent plus comment continuer à vivre. Leur confiance en l’avenir a été sérieusement entamée. Idéalement, en tant que responsables religieux, nous préférerions les voir rester chez eux (…). Ce sont des citoyens comme les autres, qui voudraient mener une vie normale», a-t-il conclu. (apic/lacroix/fm/nd)




