Rome: Le pape confirme qu’il se rendra en France en 2015
Le gouvernement espère une visite au Mont-Saint-Michel
Rome, 27 novembre 2014 (Apic) Dans l’avion qui le ramenait de Strasbourg, le 25 novembre 2014, le pape François a confirmé qu’il se rendrait en France en 2015, faisant étape à Paris. Il a confié qu’il souhaitait aussi se rendre dans une ville «où aucun pape n’est jamais allé». Le programme est en cours de définition mais, dans les couloirs de la République, on se met à rêver que le pape se rende dans un site en lien avec la protection de l’environnement, le Mont-Saint-Michel par exemple. Au Vatican, cette hypothèse ne semble pas retenue.
Si les dates et les étapes précises de son premier voyage pastoral en France, courant 2015, ne sont pas encore déterminées, le pape a confié aux journalistes en rentrant de sa brève visite aux institutions européennes qu’il se rendrait certainement à Paris, peut-être à Lourdes, mais aussi dans une ville jamais visitée par un pape. Dès lors, les candidatures fleurissent et, dès cette annonce, sur les réseaux sociaux, d’innombrables propositions plus ou moins sérieuses sont apparues: «A Tulle !», a d’abord lancé avec humour le directeur d’un hebdomadaire catholique à propos de la ville d’origine du Président socialiste.
22 villes françaises visitées par le pape
Selon un décompte effectué par le quotidien La Croix, 22 villes françaises ont bénéficié d’une visite papale lors des pontificats de Jean Paul II (1978-2005) et Benoît XVI (2005-2013). Alors que des villes comme Lyon, Tours, Rouen ou Strasbourg sont donc logiquement écartées, plusieurs grandes agglomérations sont susceptibles d’accueillir le pape: la très symbolique Marseille, Lille, Bordeaux ou encore Toulouse.
Toujours faut-il que les responsables de l’épiscopat, lors d’une rencontre qu’ils doivent avoir avec le pape François courant décembre, proposent une ville associée à un événement marquant, qui ait du sens pour le pontife. Un déplacement en périphérie de Paris, ainsi, n’est pas à écarter.
Au Vatican, on assure que le passage du pape à Lourdes est presque acquis. Le sanctuaire de Lisieux, même s’il a déjà été visité par Jean Paul II, n’est pas totalement hors course, mais figurent nombre d’autres lieux marqués par la foi: les sanctuaires mariaux de La Salette, de Notre-Dame du Laus, de l’Ile-Bouchard, ou même celui de Cotignac lié à la figure de saint Joseph, et enfin l’un des sites touristiques les plus fréquentés de France: la célèbre baie du Mont-Saint-Michel et son abbaye.
Nicolas Hulot au Vatican
De fait, l’envoyé spécial du président de la République française pour la protection de la planète, Nicolas Hulot, rêve depuis plusieurs mois à voix haute de voir le pape François se rendre au Mont-Saint-Michel. Pour l’ancien animateur télé et militant écologiste, c’est un lieu qui symbolise «l’harmonie entre l’homme et la nature», un lieu duquel le pape deviendrait aussi un allié de la France dans le combat pour la protection de l’environnement. Le choix du Mont-Saint-Michel pourrait se heurter, confie-t-on au Vatican, à l’absence de caractère pastoral du lieu et à l’exiguïté de l’îlot rocheux.
De passage à Rome en décembre, a appris I.MEDIA, Nicolas Hulot ne devrait pourtant pas manquer d’évoquer cette hypothèse lors de ses rencontres au Vatican, comme il l’avait déjà fait lors d’une première visite en novembre 2013. Estimant que «la voix du Vatican et la voix du pape portent», Nicolas Hulot avait alors encouragé l’Eglise à promouvoir «une initiative forte» pour ramener «tout le monde à la raison» – à commencer par la Chine et les Etats-Unis – en matière de lutte contre les changements climatiques.
Le pape, un allié en matière d’environnement
A Paris, on se frotte les mains à l’idée d’une telle visite alors que la France mise gros sur la grande conférence climatique internationale prévue dans la capitale en décembre 2015. Dans ce contexte, on se réjouit aussi que le pape publie quelques mois plus tôt une encyclique sur l’écologie, bien qu’axée plus encore sur «l’écologie humaine».
L’Elysée voit donc dans le pape François un allié en matière d’environnement, l’un des rares thèmes qui ne soit pas sujet à polémique entre les deux parties. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le gouvernement a dépêché à la dernière minute à Strasbourg, pour accueillir le pape François, la ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie. Sur le tarmac de l’aéroport, Ségolène Royal et le pape François ont d’ailleurs brièvement évoqué le sujet de l’écologie. Un thème «très important», a glissé au pape la ministre. (apic/imedia/ami/bb)




