Israël: Les récentes cartes de géographies israéliennes annexent les territoires palestiniens

Le gouvernement israélien parle pourtant de paix…

Tel Aviv, 10 mai 2010 (Apic) Alors que le gouvernement israélien parle de «paix», note le journaliste palestinien Daoud Kuttab, le Ministère israélien du tourisme présente sur son site internet des cartes de géographie qui font disparaître les frontières des territoires palestiniens. Ces territoires occupés sont, tout comme le Golan appartenant à la Syrie, intégrés sans autre forme de procès dans la carte géographique d’Israël (Cf. www.goisrael.com).

Les pourparlers indirects entre Israéliens et Palestiniens qui se sont ouverts le week-end dernier sous l’égide des Etats-Unis, à peine commencés, achoppent sur la question de la colonisation. Le quotidien israélien «Haaretz» donne la parole lundi 10 mai à Daoud Kuttab. Il relève que les cartes géographiques les plus récentes publiées par le gouvernement annexent unilatéralement la Palestine et la placent en entier en territoire israélien tout en ignorant l’existence de nombreuses localités palestiniennes.

«Il est difficile d’accepter l’argument israélien selon lequel il ne s’agirait que d’une question symbolique. Les symboles sont importants, et en empêchant la réalisation d’un Etat palestinien, Israël leur a prêté beaucoup d’attention», écrit le journaliste palestinien dans «Haaretz». Durant des années, reconnaît-il, c’étaient les Palestiniens qui étaient confrontés à leurs propres questions symboliques, que ce soit dans la charte de l’OLP ou dans les manuels scolaires palestiniens.

Le Ministère israélien du tourisme contrôlé par l’extrême-droite

«Israël et les propagandistes israéliens utilisent les cartes palestiniennes pour mettre en question la reconnaissance d’Israël par les Palestiniens», relève-t-il, mais les Israéliens acceptent-ils un Etat palestinien au même moment où ils demandent aux Palestiniens de reconnaître Israël, se demande Daoud Kuttab ?

Cependant, malgré la rhétorique, les Palestiniens ont suivi les conseils de leurs amis au plan international et ont apporté des changements à leurs cartes de géographie et à leurs manuels scolaires. Depuis 1994, l’Autorité palestinienne a revisé les vieux livres, ce qui a conduit Nathan Brown, professeur de science politique à la George Washington University, à publier une étude qui fait autorité et exonère l’Autorité palestinienne des accusations de mal représenter la géographie de la région. «Les nouveaux livres racontent l’histoire du point de vue palestinien, mais ils ne cherchent pas à effacer Israël, à le délégitimer ou à le remplacer par un ’Etat de Palestine», écrit Nathan Brown.

Pour le professeur américain, les livres palestiniens actuels sont plus ouverts que les cartes israéliennes, malgré les attaques continuelles d’une ONG pro-israélienne, le «Centre for Monitoring the Impact of Peace». Ce groupe, selon Nathan Brown, se base sur des rapports tendancieux et fallacieux pour défendre ses thèses. Il y a quelques années, le Congrès des Etats-Unis a commissionné une étude sur le sujet et est arrivé aux mêmes conclusions. Par contre, se demande Daoud Kuttab, alors que ces enquêtes ont été faites et ont mis un terme aux accusations, peu ont posé la question de savoir comment les Israéliens démarquaient le territoire palestiniens sur leurs cartes de géographie. Il suffit d’examiner les dernières cartes sur le site du Ministère du tourisme israélien pour voir que le gouvernement israélien a éliminé la présence palestinienne. Pas étonnant: il est aux mains du parti d’extrême-droite Yisrael Beiteinu d’Avigdor Lieberman. (apic/haar/be)

10 mai 2010 | 17:47
par webmaster@kath.ch
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