Kenya: Une explosion lors d’un rassemblement de prière fait sept morts
Le gouvernement serait responsable
Nairobi, 15 juin 2010 (Apic) Des responsables d’Eglise du Kenya ont affirmé qu’ils tenaient le gouvernement pour responsable de l’attentat perpétré lors d’un rassemblement de prière contre la Constitution à Nairobi. Cette attaque a fait sept morts et causé une centaine de blessés le 13 juin.
Les responsables d’Eglise, qui font campagne pour le «non» à la proposition de Constitution qui sera soumise au vote en août prochain, ont condamné l’attentat en le qualifiant d’affront à l’égard de la religion chrétienne. Ils ont envoyé leurs condoléances aux familles des victimes.
«Ayant été informés à plusieurs reprises que l’adoption de la nouvelle Constitution est un projet du gouvernement, nous sommes convaincus que le gouvernement est mêlé à cet attentat, directement ou indirectement. Qui d’autre dans ce pays détient des explosifs?» a demandé le pasteur Peter Karanja, secrétaire général du Conseil national des Eglises du Kenya, dans un communiqué de presse.
L’explosion est considérée par beaucoup de Kenyans comme l’un des plus violents incidents qu’ait connus le pays depuis les destructions qui ont suivi les élections contestées de 2007 et qui avaient entraîné la mort de 1’500 personnes et en contraint 300’000 autres à quitter leur foyer.
Le rassemblement de prière, convoqué par des responsables évangéliques et pentecôtistes afin de prier pour le rejet du projet de Constitution, s’est déroulé dans le calme jusqu’à l’explosion, produite alors que les prières touchaient à leur fin.
«Ce qui s’est produit est très malheureux, mais nous tenons bon et refusons de nous laisser intimider», a déclaré aux journalistes l’évêque David Oginde, de l’Eglise pentecôtiste de Nairobi, peu de temps après l’explosion.
Des milliers de chrétiens chantaient et dansaient avant l’explosion meurtrière, vers 19h00 au parc Uhuru, un terrain national de cérémonie à Nairobi.
Le projet de Constitution divise musulmans et chrétiens
Le projet de Constitution doit être soumis au référendum le 4 août, mais les campagnes à son sujet ont divisé le pays entre la majorité chrétienne et la minorité musulmane. Les responsables chrétiens rejettent le projet parce qu’il reconnaît les tribunaux de kadhi – c’est-à-dire les tribunaux islamiques – et qu’il autorise l’avortement.
Le gouvernement souhaite l’adoption de ce projet de Constitution mais les responsables chrétiens et certains politiciens appellent les autorités à ne pas l’imposer à la population.
Un projet bouclé en hâte?
«On nous demande d’adopter cette Constitution en toute hâte, mais il faut du temps. Il convient alors de se demander pourquoi on nous incite à adopter la nouvelle loi aussi rapidement», a déclaré l’évêque Mark Kariuki, du Centre de célébration de la vie, lors du rassemblement de prière. Les responsables d’Eglise s’interrogent également sur les intérêts des Etats-Unis dans ce projet. Le vice-président Joe Biden aurait en effet apporté son soutien au projet de constitution.
Bien que la cause de l’explosion reste incertaine, le Premier ministre kenyan Raila Odinga a affirmé qu’il s’agissait d’un cas isolé et qu’il ne fallait pas y voir un lien avec le référendum. Certains responsables chrétiens accusent cependant les partisans du projet de les prendre pour cibles. (apic/eni/js)




