Pour éviter les erreurs des années 90?

Le gouvernement suspend les activités des organisations caritatives islamiques

Alger, 28 novembre 2001 (APIC) Le gouvernement algérien a suspendu pendant six mois les activités des associations caritatives islamiques opérant dans le pays. Il n’a pas donné d’indications sur cette mesure qui intervient à moins de deux mois du renouvellement du parlement. Selon certains observateurs, le gouvernement, à l’approche d’élections législatives, entend éviter les erreurs commises au début des années 90. Et mettre un stop à leurs activités politico-caritatives.

La mesure s’applique à toutes les ligues et associations humanitaires à caractère islamique actives dans les domaines social, économique et culturels. Au terme du délai de suspension, la décision gouvernementale pourrait entraîner une interdiction pure et simple des organisations et associations visées.

Selon la presse algérienne, elles sont accusées d’avoir violé la loi, en procédant à des quêtes, sans autorisation officielle. Dans de nombreuses pays arabes, cette pratique est soumise à l’appréciation des autorités.

Des observateurs estiment toutefois que le gouvernement algérien veut éviter l’erreur commise dans les années 90, lorsque le pays a été envahi par une multitude d’associations et de ligues caritatives musulmanes. Créées par le Front Islamique de Salut (FIS), elles furent dissoutes en 1992. Les activités de ces associations étaient surtout axées sur un travail de proximité, dans les quartiers et villages pauvres du pays.

Au bénéfice du FIS

Grâce à elles, assure-t-on en Algérie, le FIS a pu jouer un grand rôle dans la vie nationale, en réussissant à s’imposer sur le plan politique, pour apparaître avec une structure politique incontournable. Le FIS avait du reste remporté les élections municipales de 1990 et les législatives annulées de décembre 1991, par ailleurs annulées par la suite, avec le regain de violence qui s’est depuis installé dans le pays.

La décision du gouvernement, rapportée par la presse, a été annoncée à quelques semaines de nouvelles échéances électorales dans le pays. Des élections législatives auront en effet lieu au début de l’année prochaine.

Les partis politiques d’obédience islamistes, mais modérés, n’ont pas encore réagi à cette mesure gouvernementale. (apic/ibc/pr)

28 novembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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