Thaïlande: L’Eglise catholique mobilisée pour ses centres d0’enfants
Le gouverneur d’une province entend les fermer
Bangkok, 13 septembre 2009 (Apic) L’Eglise catholique de Thaïlande se mobilise pour tenter de maintenir ouverts ses centres d’aide aux enfants d’immigrés, dans la province de Ranong.
Située dans le sud de la Thaïlande, sur la côte de la mer d’Andaman, la province de Ranong partage avec la Birmanie voisine une frontière de 170 km de long. Connue des Thaïlandais comme «la province birmane» de Thaïlande, elle est dirigée, depuis la fin de l’année 2008, par Wanchat Wongchaichana, gouverneur qui s’est donné pour objectif de rapatrier en Birmanie les très nombreux migrants clandestins présents dans la province.
En mai dernier, relève Eglises d’Asie, l’administration locale a annoncé la fermeture prochaine des centres d’accueil des migrants, gérés notamment par l’Eglise catholique, ou leur transfert sous une tutelle publique. Quatre-vingt-seize écoles de la province doivent être contrôlées pour en exclure les enfants d’immigrés clandestins.
Pour les prêtres et les religieuses catholiques engagés dans l’aide aux immigrés birmans et à la scolarisation de leurs enfants, cette politique est inacceptable et inutile. Le P. Wichien Radomkit, religieux thaïlandais, dirige le Maria Learning Center, fondé en 2005 à Ranong pour accueillir les enfants de migrants birmans. Aujourd’hui, le centre accueille quelque 300 enfants, pour leur dispenser une éducation élémentaire en thaï, en anglais et en birman ainsi que dans les matières scolaires de base ; de plus, le centre finance les études de 34 enfants dans des écoles publiques voisines.
Selon le P. Wichien, «la fermeture de nos centres d’accueil et le renvoi des enfants en Birmanie ne résoudront en rien» le problème de l’immigration illégale des Birmans en Thaïlande. «Si nous les renvoyons, ils reviendront de toute manière en Thaïlande car ils souffrent trop en Birmanie de la situation politique et du sort réservé aux minorités», commente le religieux.
Le P. Wichien relève que d’autres responsables d’institutions catholiques ont rencontré à plusieurs reprises des responsables de l’administration provinciale pour leur faire part du point de vue de l’Eglise. La dernière rencontre a eu lieu à la mi-août dernier. Pour l’heure, l’administration n’a pas arrêté de date à laquelle le plan de fermeture des institutions d’accueil des enfants d’immigrés serait appliqué.
Classée parmi les provinces les plus pauvres du pays, Ranong est peu peuplée, avec 160’000 habitants. Selon différentes estimations, les Thaïlandais y seraient au nombre de 100’000 et les immigrés birmans dotés de papiers en règle au nombre de 60’000. Quant aux clandestins, leur nombre est estimé entre 100’000 et 150’000, la majorité d’entre eux appartenant à la minorité Mon. La province de Ranong est connue pour être l’un des principaux points d’entrée des migrants birmans en Thaïlande. (apic/eda/pr)



