Le jour du consensus autour de la religion
France: «La Croix» dresse un panorama des attentes pour Noël
Paris, 20 décembre 2010 (Apic) Alors que la pratique religieuse connaît un déclin, il devient difficile dans les familles de concilier les aspirations spirituelles des uns avec l’absence de conviction religieuse des autres, qui ne voient en Noël qu’une tradition, rapporte le quotidien français «La Croix», dans son édition du 17 décembre.
Si de nombreuses personnes ne sont pas des fervents de la messe du dimanche, ils n’imaginent cependant pas manquer l’office de la nuit de Noël. Ces pratiquants des grandes occasions – Noël, Pâques, voire la Pentecôte – recherchent parfois des «cérémonies plus marquantes», comme Sylvie, 46 ans, qui envisage aller à l’abbaye cistercienne française de Timadeuc, près de Dinan (Côtes-d’Armor). Le 24 décembre, tout débat religieux ou toutes dissensions n’ont pas lieu d’être, écrit le journal.
On ne touche pas à la tradition
La fête de Noël a encore le mérite d’effacer les dissensions. «C’est la seule fois de l’année où Marie et Eric trouvent un consensus autour de la religion!» L’attachement à cette fête véhicule différents sentiments, entre tradition religieuse, parfum d’enfance et désir de sacré, rappelle «La Croix». Même si Eric est athée, Noël est très important «pour lui aussi, qui reste très attaché à cette fête de famille». En tout cas, pas question de «couper à la tradition» – la messe de minuit – cette année.
«Le cœur de la religion chrétienne»
Dans d’autres familles, «la messe de minuit suscite une harmonie que personne ne s’aviserait d’entraver». On rêve même de «vivre le cœur de la religion chrétienne» tous les jours. Gabrielle, grand-mère engagée en catéchèse, livre au quotidien français une anecdote: «Il est arrivé que l’un de mes gendres se moque violemment de Jean Paul II. Un jour, je me suis vraiment fâchée. Nous nous sommes demandés pardon et depuis on s’entend bien».
Un léger «spleen»
À l’inverse, les entorses à l’unité familiale ou l’absence de convictions communes sont vécues plus douloureusement le soir de Noël, confie Coralie aux journalistes de «La Croix». Elle avoue ressentir toujours un «petit pincement au cœur» durant la messe de minuit. Les chants traditionnels réveillent en elle un léger «spleen», une «envie de pleurer», liés à l’absence de ses proches. Pour Julien, son mari, «ses aspirations religieuses ne peuvent s’exprimer qu’en dehors des pratiques traditionnelles. La rencontre avec Dieu n’est possible que dans un cadre intime, en dehors de tout lien de médiation».
Un «service public»
Si Julien définit la messe de minuit «comme un rite, presque un service public», jamais il n’envisagerait de se révolter ce soir-là. Car «il a bien conscience que Noël est d’abord une fête familiale».
Tout comme Coralie, Catherine se rend à la messe seule. Elle avoue dire «au Seigneur que je représente toute la famille, et je prie pour la conversion de tout le monde (…) Je suis devenue un témoin muet», rapporte «La Croix». La souffrance est bien là, même si elle se raccroche à l’esprit de Noël: «Je n’imagine pas ne pas m’associer à la joie chrétienne et à cette fête familiale», confie-t-elle. (apic/la croix/bb/ed/cl/ggc)



