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Le Kansas enquête sur des allégations d'abus sexuels dans la FSSPX

La Fraternité sacerdotale saint Pie X (FSSPX) de Mgr Lefebvre fait l’objet d’enquêtes dans l’Etat américain du Kansas, après la révélation que certains de ses membres auraient perpétré ou couvert des abus sexuels sur mineurs.

Le bureau d’enquête du Kansas (KBI) a confirmé le 18 mai 2020 à Catholic News Agency (CNA) qu’il examinait les allégations d’abus dans le cadre de son enquête sur les quatre diocèses catholiques du Kansas. Le porte-parole du KBI a déclaré que son bureau avait reçu 186 rapports d’abus et avait ouvert 112 enquêtes. Il n’a pas précisé combien d’entre elles sont liées à la FSSPX.

Des allégations d’abus ont été formulées à l’encontre de la communauté de la FSSPX à St. Mary’s, Kansas, qui comprend une école de tous les degrés, de la maternelle à la terminale. Elles concernent en particulier un prêtre français, naturalisé américain en 2017, et déplacé depuis dans un autre Etat.

Une des victimes a publié son histoire en janvier 2020 sur Facebook et dit avoir reçu des témoignages similaires de plusieurs autres personnes. Elle déplorait surtout que la FSSPX a cherché à minimiser et à couvrir les faits.

En avril 2018, elle a rencontré le Père Gerald Beck, assistant du supérieur du district américain des Lefebvristes, pour lui faire part de ses interrogations. Il lui aurait appris alors que le prêtre en question était déjà soumis à certaines restrictions en raison d’une autre situation d’»imprudence» avec une femme, et qu’une enquête sur lui serait menée.

Restrictions apostoliques

Après avoir attendu vainement des nouvelles, la plaignante a appris en novembre 2019 que le prêtre en question avait été nommé principal de l’Académie St. Thomas More à Sanford, en Floride. Elle finalement eu un contact en décembre 2019 avec le Père Jürgen Wegner, supérieur de district américain. Ce dernier lui a indiqué que le prêtre était toujours soumis à des «restrictions apostoliques» – interdiction d’entendre les confessions des femmes ou de leur donner une direction spirituelle, mais qu’aucune enquête n’avait été conduite. Le Père Wegner lui a dit en outre qu’il se rendrait en Floride pour voir par lui-même si quelque chose d’autre devait être fait pour protéger les enfants de l’école.

En janvier 2020, la dénonciatrice a contacté le supérieur général de la FSSPX l’abbé Davide Pagliarani, qui lui a répondu en disant que l’affaire était de la compétence du district américain. Lorsqu’elle a menacé de rendre publique l’affaire, le service de communication de la FSSPX a contacté sa famille lui exprimant sa sympathie, tout en essayant de la dissuader de la publier. 

Après la publication le 19 janvier, elle reçu des témoignages d’autres victimes présumées ayant «des situations différentes, dans tous les États». Elle a également appris l’existence de l’enquête du KBI sur la FSSPX, et elle a contacté des agents du bureau d’enquête.

La FSSPX refuse un tribunal des médias

Le district américain de la FSSPX a répondu dans communiqué du 28 avril que la Fraternité «s’est engagée à la transparence» et que «la justice doit être rendue de manière impartiale et selon les règles de droit, et non devant un ‘tribunal des médias’ qui enquête exclusivement sur les accusations et distille ses informations dans le but de diviser ou de détruire, et en multipliant les insinuations fausses et malveillantes». La FSSPX note qu’elle a mis en place un plan de protection pour les victimes d’abus assorti de sanctions pour les prêtres qui s’en rendraient coupables.

«La Fraternité regrette profondément que certains de ses membres aient pu commettre des fautes graves et, dans les pires cas, des comportements criminels ou délinquants», a déclaré le communiqué. (cath.ch/cna/mp)

L'académie et le collège Ste Marie de la FSSPX au Kansas
21 mai 2020 | 15:13
par Maurice Page
Abus sexuels (658), FSSPX (56)
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