«Le Kotel ne doit pas être une synagogue»
Jérusalem: Querelle entre courants juifs autour du Mur des Lamentations
Jérusalem, 11 février 2010 (Apic) Le Mur des Lamentations ou Mur occidental, lieu saint juif dans la vieille ville de Jérusalem, doit être «un site national et non une synagogue», estime le vice-premier ministre israélien Dan Meridor. Il a exprimé cette opinion lors d’une rencontre avec les rabbins et les leaders du mouvement juif conservateur américano-israélien. En Israël, le courant orthodoxe juif prétend exercer le monopole sur cet endroit sacré, au détriment des autres courants du judaïsme.
Pour les «massortis», appartenant au courant juif conservateur, l’un des trois courants du judaïsme (avec le judaïsme orthodoxe et le judaïsme réformé), le Mur occidental «doit être libéré de l’emprise croissante du sectarisme pour redevenir un lieu de rassemblement pour tous les juifs». Sur leur site internet (www.massorti.com/Liberons-le-Kotel-une-seconde-fois), ils demandent que le Kotel (Mur occidental) soit libéré une seconde fois, la première libération étant celle de la prise de Jérusalem-Est lors de la Guerre des Six Jours, quand le quartier Moghrabi, quartier arabe contigu au Mur des Lamentations, a été rasé.
Le vice-premier ministre israélien Dan Meridor a également fait part de son mécontentement concernant les récents événements qui se sont produits au Mur occidental: une femme a été arrêtée parce qu’elle priait avec un châle de prières (ou talith) et un rouleau de la Torah, qui sont des accessoires traditionnellement réservés aux hommes. Bien qu’il en ait discuté avec le rabbin du Mur, Shmuel Rabinovitch, il n’a pas réussi à le faire changer d’avis. Et de déplorer qu’en vérité, «il n’y a pas d’égalité entre les courants religieux en Israël. Ce qui s’est passé au Mur occidental m’irrite. Ca ne doit pas être une synagogue. C’est un site national. Je changerais le statu quo si je le pouvais, mais c’est impossible avec la coalition actuelle», déclare-t-il dans l’édition francophone du quotidien «The Jerusalem Post» du 11 février.
Les mouvements juifs non orthodoxes exclus du Mur occidental
Des incidents comme celui qui vient de se produire au Kotel mettent en danger les relations entre Juifs américains, qui appartiennent majoritairement à des courants non orthodoxes, contrairement aux juifs vivant en Israël. Le Mouvement Massorti déplore l’extrémisme grandissant à Jérusalem de la part des milieux juifs orthodoxes, et relève que «le Kotel, jadis lieu de ralliement pour tous les juifs, devient de plus en plus un lieu de sectarisme, de rejet et de ressentiment dont on ne peut pas ne pas s’inquiéter».
Yizhar Hess, directeur de la branche israélienne du courant juif conservateur Massorti, met en garde le gouvernement israélien: la discrimination contre les courants non-orthodoxes du judaïsme «a dépassé les bornes», estimant qu’Israël ne peut pas continuer à être «le seul Etat occidental» où des juifs d’autres tendances que celle qui domine en Israël n’ont pas la liberté de culte. Les «Massortis» luttent en Israël contre l’exclusion constante des mouvements non orthodoxes exclus du Mur occidental.
Notons que lors de sa visite historique en l’an 2000, le pape Jean Paul II s’était rendu au Mur des lamentations et sa croix pectorale était clairement visible. Mais le rabbin Rabinovitch a relancé la polémique l’an dernier lors de la visite du pape Benoît XVI. Ces dernières années, il a interdit l’accès au Mur à des prélats catholiques portant la croix, notamment au cardinal Christoph Schönborn, donnant une image très intolérante de ce courant dominant du judaïsme israélien. (apic/jp/be)



