Fribourg: Le professeur Amherdt rappelle l'exigence de respect envers les homosexuels

Le langage de l’Eglise à l’égard des homosexuels doit évoluer

Fribourg, 2 avril 2013 (Apic) «Toute marque de discrimination envers les personnes homosexuelles est contraire à l’Evangile», souligne l’abbé François-Xavier Amherdt. Le professeur de théologie pastorale à l’Université de Fribourg rappelle toutefois que l’homosexualité est incompatible avec le principe du mariage basé sur une «altérité constitutive» comme prôné par l’Eglise catholique.

Dans un article paru dans l’édition de mars du magazine de l’Université de Fribourg «Universitas», l’abbé Amherdt souhaite que le nouveau pape fasse évoluer la formulation théologique officielle à l’égard des homosexuels.

«Dieu créa l’homme à son image…homme et femme il les créa» (Genèse 1,27). François-Xavier Amherdt rappelle tout d’abord les paroles de la Bible pour rappeler que l’homme et la femme ont été conçus l’un pour l’autre «correspondants», dans une «altérité constitutive». C’est dans cette dernière, «tissée de similitudes dans la diversité», que repose le mariage consacré par Dieu. Ainsi, le respect fondamental qui est dû aux personnes homosexuelles n’entraîne pas, du point de vue catholique, qu’il soit possible de placer le «partenariat homosexuel» sur le même plan que le mariage. Le professeur de théologie reprend les termes du Catéchisme de l’Eglise catholique pour affirmer que les actes d’homosexualité sont «intrinsèquement désordonnés». Ceux-ci ne s’inscrivent en effet pas dans la complémentarité affective et sexuelle voulue par le Créateur. D’où le refus de l’Eglise d’accorder aux couples homosexuels, par nature «non féconds», les mêmes droits qu’aux parents, père et mère d’enfants.

Distinguer entre les personnes et leurs actes

Le Magistère précise toutefois que les sciences humaines établissent qu’un nombre «non négligeable» de femmes et d’hommes présentent des tendances homosexuelles non nécessairement choisies, constituant, pour certains d’entre eux, une réelle épreuve. François-Xavier Amherdt en conclut qu’il est essentiel de distinguer entre les personnes elles-mêmes, toujours dignes d’un amour inconditionnel, et les actes qu’elles peuvent poser.

Il admet que, durant l’histoire, les chrétiens n’ont de loin pas toujours fait preuve d’une telle attitude conforme à la volonté du Christ. Le théologien souligne finalement que «ce sera l’une des multiples tâches de l’évêque de Rome que de faire évoluer quelque peu les mentalités et la formulation théologique officielle, de façon à ce que les comportements effectifs de considération mutuelle entre hétérosexuels et homosexuels correspondent à la finesse de l’Homme de Nazareth envers tout être humain». (apic/com/rz)

2 avril 2013 | 15:15
par webmaster@kath.ch
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