Liban: Enterrement d'un soldat sunnite décapité par les terroristes de l'Etat islamique

Le Liban craint l’importation du terrorisme islamiste qui ravage la Syrie et l’Irak

Beyrouth, 3 septembre 2014 (Apic) Le soldat libanais Ali el-Sayyed, capturé par les terroristes de l’Etat islamique (EI, anciennement Daech) lors des affrontements meurtriers entre jihadistes et armée libanaise à Ersal, dans l’est du Liban, a été décapité. Ce militaire de confession sunnite a été enterré mercredi 3 septembre dans son village natal de Fnaydek, au Akkar, à l’extrême nord du Liban. Les autorités libanaises craignent des actes de vengeance contre les réfugiés syriens dans la région du Akkar, note le quotidien libanais «L’Orient-Le Jour». Elles craignent l’importation au Liban du terrorisme islamiste qui ravage la Syrie et l’Irak.

Ali el-Sayyed était apparu en treillis militaire, les yeux bandés, dans une vidéo de l’Etat islamique annonçant sa décapitation. Son corps avait été remis lundi remis à l’armée libanaise, selon les médias libanais. Le Comité des ulémas sunnites confirme que le soldat Ali Sayyed a bel et bien été décapité.

Les jihadistes n’ont «aucune ligne rouge»

Le 2 août, rappelle «L’Orient-Le Jour», quelque 30 militaires libanais, soldats et agents des Forces de sécurité intérieure (FSI) avaient été enlevés par l’EI et le Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, lors de combats entre l’armée et des miliciens venus de Syrie dans la localité sunnite de Ersal. Vingt soldats et des dizaines de jihadistes et de civils avaient été tués dans ces combats. Depuis, des affrontements intermittents éclatent entre ces combattants et l’armée dans les environs de Ersal. Les jihadistes syriens veulent échanger leurs otages contre des prisonniers islamistes au Liban.

La presse libanaise se demande pourquoi les jihadistes ont choisi de décapiter un sunnite en premier. «Un choix qu’une source proche des oulémas explique par le fait que les groupes islamistes ont voulu donner d’emblée un message clair et fort, à savoir que ‘nous n’avons aucune ligne rouge et sommes prêts à commencer par les sunnites avant même les chiites ou les chrétiens’, rapporte le quotidien francophone libanais.

Les islamistes réclament des «excuses» au patriarche maronite Béchara Raï

Les terroristes d’al-Nosra réclament pour leur part des «excuses» au patriarche maronite Béchara Raï parce que des jeunes chrétiens libanais ont brûlé le drapeau noir de l’EI qui porte la profession de foi musulmane, place Sassine, dans le quartier d’Achrafieh, à Beyrouth.

«Le Front al-Nosra ne libérera pas les soldats et les gendarmes sans rien en retour», a affirmé une source du mouvement jihadiste. Le groupe réclame en outre la libération de plusieurs islamistes détenus à la prison de Roumieh. Une dizaine de militaires ont été libérés à ce jour, dont cinq sunnites, par le Front al-Nosra. Ce dernier a annoncé vouloir tuer tous les militaires chiites qu’il détient si le Hezbollah participe aux combats dans les jours à venir pour la libération du Qalamoun, une région syrienne à la frontière du Liban.

Les médias locaux ont rapporté que des croix ont été incendiées dans le camp de Aïn el-Heloué, à Saïda, au sud du Liban, et à Tripoli, dans le nord du Liban, où l’armée a effacé des slogans islamistes écrits sur les murs de deux églises. Il s’agirait de représailles du fait que le drapeau de l’EI portant la profession de foi musulmane a été brûlé.

L’Etat islamique menace le relancer la guerre en Tchétchénie

La chaîne satellitaire «Al-Arabiya» rapporte mercredi que, dans une vidéo publiée sur internet, l’Etat islamique menace le relancer la guerre en Tchétchénie et dans l’ensemble du Caucase russe. L’agence de presse russe «RIA Novosti» mentionne que sur cette vidéo un jihadiste, qui s’exprime depuis l’aéroport militaire de Tabqa, situé dans la province syrienne de Raqqa, affirme l’intention de l’EI de «libérer» la Tchétchénie et le Caucase «par la grâce d’Allah». Fin juillet l’EI a proclamé un califat islamique sur les territoires irakiens et syriens sous son contrôle. (apic/orj/rianovosti/be)

3 septembre 2014 | 11:44
par webmaster@kath.ch
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