Rome: Le rapporteur général du Synode pour le Moyen-Orient rappelle la situation insoutenable des chrétiens de Palestine

Le malaise des chrétiens arabes

Rome, 12 octobre 2010 (Apic) Dans un long rapport prononcé au Synode pour le Moyen-Orient, le 11 octobre 2010 au Vatican, le chef de l’Eglise copte-catholique a rappelé que la vie des chrétiens dans les Territoires palestiniens était insoutenable. Lors de cette intervention prononcée devant les Pères synodaux et Benoît XVI, Mgr Antonios Naguib a aussi mis en garde contre la montée de l’islam politique.

«Les situations politico-sociales de nos pays ont leur répercussion directe sur les chrétiens, qui en ressentent plus fortement les conséquences négatives, a déploré Mgr Antonios Naguib, patriarche d’Alexandrie des coptes. Dans les Territoires palestiniens, la vie est très difficile et parfois insoutenable». Selon lui, la position des chrétiens arabes est très délicate.

Il a aussi condamné la violence d’où qu’elle vienne et appelé à une solution juste et durable du conflit israélo-palestinien. «Nous exprimons notre solidarité avec le peuple palestinien, dont la situation actuelle favorise le fondamentalisme. Le conflit israélo-palestinien a ses répercussions sur les rapports entre chrétiens et juifs. Le statut de Jérusalem devrait être important pour les 3 religions: chrétienne, musulmane et juive», a souligné le rapporteur général du Synode pour le Moyen-Orient.

Pas de persécution

Quelques heures plus tard, au cours d’une conférence de presse au Vatican, Mgr Antonios Naguib a été interpellé sur le projet d’amendement législatif approuvé la veille par le gouvernement israélien et obligeant les candidats non-juifs à la citoyenneté israélienne à prêter allégeance à «l’Etat juif et démocratique d’Israël». Le rapporteur général du synode a jugé la décision de l’Etat d’Israël très contradictoire et illogique. «C’est très curieux de la part d’un Etat qui se déclare être le plus démocratique, si ce n’est l’unique Etat démocratique dans la région du Moyen-Orient», a-t-il expliqué en précisant s’exprimer à titre personnel.

En outre, le leader de l’Eglise copte-catholique a souligné que tous les responsables des Eglises du Moyen-Orient refusaient l’attribution et l’appellation de persécution envers les chrétiens. «Si on parle de persécution, cela signifie qu’il y a des lois ou des décrets qui réglementent la position et le traitement des chrétiens dans le pays.»

L’islam politique: une menace pour tous

Dans la matinée, Mgr Naguib avait toutefois jugé regrettable que la politique mondiale ne tienne pas suffisamment compte de la situation tragique des chrétiens d’Irak, qui sont les principales victimes de la guerre et de ses suites.

Evoquant en outre la situation au Liban, le patriarche avait estimé qu’une plus grande unité entre les chrétiens aiderait à assurer une plus grande stabilité dans le pays. Il avait aussi noté que, dans son pays l’Egypte, «les Eglises gagneraient beaucoup à coordonner leurs efforts en vue d’affermir leurs fidèles dans la foi et à réaliser des œuvres communes pour le bien du pays». Le rapporteur général du Synode pour le Moyen-Orient avait également mis en garde contre la montée de l’islam politique qui constitue, selon lui, une menace pour tous.

En outre, il avait aussi noté que des difficultés dans les relations entre chrétiens et musulmans surgissaient du fait, qu’en général, les musulmans ne distinguaient pas religion et politique. Cela explique le malaise des chrétiens, qui se sentent comme des non-citoyens, dans un pays qu’ils occupaient bien avant l’islam. Lors de son intervention devant la presse, le patriarche d’Alexandrie a finalement appelé les responsables politiques, la communauté internationale, le Saint-Siège ainsi que les hommes de bonne volonté à assurer au Moyen-Orient une vie marquée par la paix, l’entente et la prospérité. (apic/imedia/ami/lb/nd)

12 octobre 2010 | 11:21
par webmaster@kath.ch
Partagez!