Rome : Benoît XVI a reçu les membres du tribunal de la Rote romaine
«Le manque de foi» pourrait être une cause de nullité de mariage
Rome, 27 janvier 2013 (Apic) Comme chaque année à pareille époque, Benoît XVI a reçu, le 26 janvier 2013, les membres du tribunal de la Rote romaine. Devant les auditeurs et avocats de ce tribunal, le pape a notamment souhaité une plus ample réflexion sur «le manque de foi» des époux comme cause de nullité de mariage.
Avec la Rote romaine, le pape a ainsi longuement évoqué certains aspects du «rapport entre foi et mariage». Il a saisi l’occasion pour relever que «la crise de foi actuelle, qui concerne plusieurs parties du monde, comporte une crise de la société conjugale, avec tout le poids de souffrance et de désagrément que cela entraîne pour les enfants». Le sens du mariage chrétien est difficile à comprendre, a reconnu le pape, et cela en raison du «subjectivisme» et du «relativisme éthique et religieux» de la culture contemporaine qui diffuse une mentalité selon laquelle «une personne devient elle-même en restant ›autonome’ et entre en contact avec l’autre seulement dans des relations qui peuvent s’interrompre à tout moment».
Le choix de l’homme et de la femme de «s’unir dans un lien qui dure toute la vie», a expliqué Benoît XVI, ne s’oppose pas à la liberté et à l’autonomie de la personne, même si, pour la comprendre pleinement et la réaliser concrètement, la lumière de la foi qui «rend l’homme capable du don de soi» est nécessaire.
L’intention de faire ce que veut l’Eglise
Le pape a relevé que, pour rester un sacrement, le mariage catholique, lien indissoluble entre un homme et une femme, n’exigeait pas «la foi personnelle des époux». «La condition minimale nécessaire», a rappelé Benoît XVI, est «l’intention de faire ce que veut l’Eglise».
Mais, a poursuivi le pape en citant un document de la Commission théologique internationale de 1977, «si on ne perçoit aucune trace de foi (ou de disposition à croire), ni aucun désir de grâce ou de salut, se pose le problème de savoir si, en réalité, l’intention générale et vraiment sacramentelle est présente ou non, et si le mariage est contracté de manière valide ou non». Benoît XVI a reconnu les «difficultés juridiques et pratiques» que cela entraîne et a alors invité la Rote à des réflexions ultérieures à ce sujet, «surtout dans le contexte actuel».
En juillet 2005, devant des prêtres de la Vallée d’Aoste, Benoît XVI était revenu sur ces réflexions de préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi autour d’un sacrement de mariage «célébré sans foi» vu comme motif d’invalidité. Avec prudence, le pape souhaitait alors que ce «problème très difficile» soit approfondi, en particulier au regard de «la situation de souffrance» des fidèles divorcés remariés.
L’importance de la fonction judicaire pour la société
Avant l’audience accordée par le pape, c’est le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, qui avait ouvert avec une messe l’année judiciaire du tribunal de la Rote romaine. Dans son homélie, a rapporté par la suite Radio Vatican, le cardinal Bertone avait rappelé «l’importance de la fonction judicaire pour la société», estimant qu’elle était «une partie vivante de la mission salvifique» de l’Eglise.
Le haut prélat avait également relevé que la société actuelle était marquée par «une sécularisation des mentalités qui confine à l’agnosticisme dans la plupart des cas», jugeant enfin que ce climat culturel constituait «un frein à l’élan évangélisateur de l’Eglise, notamment dans le milieu de la justice».
Le tribunal de la Rote romaine est, avec la Pénitencerie apostolique et le Tribunal suprême de la signature apostolique, l’un des 3 tribunaux du Saint-Siège. Il est chargé, en particulier, de juger en appel les demandes de reconnaissance de nullité de mariage, jugées en première instance par les tribunaux diocésains ou régionaux. L’Italien Mgr Pio Vito Pinto est doyen du tribunal de la Rote romaine depuis le 22 septembre 2012. (apic/imedia/ami/bb)



